13 mai 2012
Marie-Dominique MAZZARELLO
Bonne fête !

... la femme forte de l'Evangile
Enfant de la terre, elle a su ouvrir son cœur et écouter:
ainsi, elle s'est laissée façonner par Dieu.
Éclatante de vie, joyeuse, enthousiaste,
aimante et aimée de Dieu,
par la force de l'humilité,
elle a fait de sa vie,
une vie donnée, une vie de service.
« Elle était d’un naturel ardent, tempéré par la douceur et par la charité. Elle avait acquis une grande maîtrise de soi, et était parvenue à savoir vivre sans cesse en présence de Dieu et à être très attentive à ne commettre aucune faute, ni en paroles, ni en actes.
Brillait en elle un grand bon sens, sanctifié par l’amour surnaturel pour les âmes. Elle avait en horreur toute singularité dans les dévotions. Elle possédait la maturité d’esprit, la précision des vues, la promptitude de jugement, l’énergie de la volonté.
Elle était sincère et franche pour donner son avis et savait le soutenir, mais elle se soumettait aux décisions de don Pestarino. De coeur très sensible, elle se montrait impartiale avec tous. Sa façon de faire était libre et vive, mais toujours de bon aloi; et sa démarche, naturelle et noble »
Don Lemoyne (MB X, 644)
Pour aller plus loin :
"Prendersi Cura" , ... l'art de prendre soin de l'autreMaïn, la simplicité du coeur (vidéo)
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17 avril 2012
Un regard sur les jeunes français d’aujourd’hui

RMG – Projet Europe: la jeunesse en France
Aujourd'hui, on parle de crise. Mais voilà quarante ans qu'on en parle. Une crise qui dure, ce n'est pas une crise, mais une mutation. Jean-Marie Petitclerc nous offre un cadre qui réclame des interventions immédiates.
Tous les auteurs, qu’ils soient sociologues ou journalistes, en conviennent. La Jeunesse, avec un grand J, n’existe pas. « La jeunesse n’est qu’un mot », comme l’affirmait Pierre Bourdieu dans « ses questions de sociologie ». Et ce mot est piégé : il fonctionne comme un fourre-tout, commode mais trompeur.
Les jeunes sont très diversifiés, et le risque est grand de parler de la Jeunesse à partir des jeunes que nous rencontrons. C’est aujourd’hui un risque majeur pour l’Eglise de France. Elle a tendance à parler de la jeunesse à partir des jeunes qui ont participé aux JMJ de Madrid. Mais une enquête sociologique, réalisée par l’hebdomadaire La Vie, montre qu’il s’agit essentiellement de jeunes issus de milieux favorisés, et dont la grande majorité compte parmi la petite minorité qui va à la messe de manière régulière ! Ces jeunes sont loin d’être représentatifs de la jeunesse de France !
Les jeunes sont bien différents entre eux … mais ils ont en commun de vivre le passage de l’âge de l’enfance à l’âge adulte, dans le contexte de notre société actuelle. On parle aujourd’hui de crise. Mais voici plus de quarante ans qu’on parle de crise. Une crise qui dure, ce n’est pas une crise, c’est une mutation. Vivre sa jeunesse dans un tel contexte n’est pas chose facile. Ce ne sont pas les jeunes qui brusquement ont changé, c’est le contexte dans lequel ils vivent et la manière dont les adultes les accompagnent.
Le primat de l’affectif sur l’institutionnel
Ce qui fonctionne aujourd’hui, ce sont soient les petits groupes de 4 ou 5 - parce que dans de tels petits groupes, on camoufle ce qui est différent, et on conforte son « moi je » - soient les groupes de 1 000, 2 000, 10 000… Alors là, il suffit de placer au centre une bonne vedette, et se diffuse une grande chaleur fusionnelle de 10 000 « moi je » qui vibrent ensemble. Par contre, le groupe de 15-30, où l’on est obligé de se confronter à la différence de l’autre, de se répartir des rôles, constitue une expérience plus difficile à vivre.
Ce primat de l’affectif génère une difficulté pour le jeune d’aujourd’hui de reconnaître le rôle positif des diverses institutions.
De plus, le rapport à l’autorité est de moins en moins statutaire ; l’autorité liée à une fonction institutionnelle est aujourd’hui contestée par bon nombre de jeunes ; elle est de plus en plus relationnelle, liée à la qualité de la relation adulte/jeune.
Le primat de la culture de l’entre-jeunes sur l’intergénérationnel
Une grande difficulté des jeunes d’aujourd’hui réside dans le fait que tous les jeunes circulent dans trois lieux : la famille, l’école et la cité. Chacun de ces lieux est marqué par une culture : la culture familiale, imprégnée des traditions d’origine, la culture scolaire, imprégnée de la tradition républicaine et la culture de la cité, qui est fondamentalement devenue une culture de l’entre-pairs, autrement dit de l’entre-jeunes, les adultes ayant un peu déserté l’espace public.
Une grande évolution réside, aujourd’hui, dans le fait que cette culture de l’entre-pairs a tendance à devenir de plus en plus prégnante. Elle a tendance à envahir l’école, (surtout lorsque celle-ci est située au cœur du quartier), et à renvoyer la famille à la marge. Les parents arrivent tant bien que mal à gérer l’espace familial, mais sont de moins en moins à l’aise pour intervenir dans les autres champs de vie de leur enfant, tant ils se sentent décalés face aux codes de communication utilisés, si différents des leurs.
Le développement de l’Internet favorise un tel primat. Des jeunes qui, physiquement sont dans la sphère familiale, mais qui, mentalement, peuvent rester dans la sphère de l’entre-pairs, avec lesquels ils ne cessent de communiquer via les réseaux sociaux (twitter, facebook).
Enfermés dans ces codes de l’entre-pairs, les jeunes ont alors de plus en plus de mal à intégrer le monde du travail. Et le plus grand obstacle que rencontrent aujourd’hui les jeunes dans l’insertion dans le monde de l’entreprise réside parfois moins dans leur absence de qualification, que dans l’écart de comportement entre celui véhiculé dans la cité et celui attendu dans l’entreprise.
Le primat de l’instant sur la durée
La raison principale du mal-être de la jeunesse française réside dans le regard négatif que les adultes portent sur demain. Un tel climat engendre chez les jeunes français une crise de confiance en l’avenir, qui possède de grandes incidences sur leurs comportements dans le présent. Nous assistons chez eux à un développement des conduites de l’instant, de ce « tout, tout de suite » qui caractérise tant de discours et de comportements adolescents et qui est si générateur de violence.
Une société qui ne permet pas à une frange importante de sa jeunesse de se projeter dans l’avenir est une société qui, en quelque sorte, fabrique de la délinquance !
Cette perte de confiance dans l’avenir est également synonyme d’une montée de la déprime, qui est la pathologie la plus fréquemment rencontrée chez les adolescents d’aujourd’hui. Nous savons combien le problème du suicide est devenu préoccupant en France qui compte parmi les cinq pays occidentaux où le taux est le plus élevé chez les jeunes.
Le problème du suicide des jeunes devient crucial. D’autant que bon nombre d’adolescents, même s’ils ne passent pas à l’acte, sont habités par des idées suicidaires. Une enquête de l’INSERM, menée auprès d’une population âgée de 15 à 19 ans, montrait que plus de 10% des adolescents interrogés étaient habités par des idées suicidaires.
Tel est l’état moral de notre jeunesse. Il est grand temps aujourd’hui en France de prendre la mesure du problème.
Jean-Marie PETITCLERC, sdb
source: ANS (Agence Info Salésienne - 03042012)
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27 février 2012
« VOUS ÊTES ENRACINES DANS L’AMOUR »

Don Bosco disait : vous allez me demander d’où vient l’affection qui permet d’éduquer. L’affection vient du cœur même de Dieu qui est l’amour infini. Cet amour se donne à nous par le baptême ; telle une sève, il monte et nourrit. Il permet d’accueillir et de faire confiance. « Nous sommes greffés sur le Christ, nous sommes « enracinés dans l’amour ».
Le secret de l’éducation repose sur l’amour-charité « qui prend patience, rend service, ne plastronne pas, excuse tout et endure tout ». Je l’ai exprimé en deux principes très simples.
D’abord, sans affection pas de confiance. Les jeunes l’ont bien compris. On ne grandit bien que pour ceux et par ceux dont on est aimé. Quand un jeune en difficulté rencontre un homme ou une femme prêt à donner sa vie pour lui, il entre en confiance et se remet à grandir. L’amour fait confiance.
Ensuite, sans confiance pas d’éducation. Ma mère m’a aidé par sa confiance quand j’étais adolescent. J’avais en elle une confiance sans bornes. Elle savait tout, rien ne lui échappait, mais elle me laissait faire. Près de ma mère j’ai appris à vivre les principes que je devais formuler plus tard, qui ont créé l’esprit de notre famille : affection, raison, religion.
Un seul cœur, mes amis, une seule famille ! Un seul chemin de bonheur offert à tous, car « ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles.
Extrait de Prier 15 jours avec Don Bosco- R.SCHIELE
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13 février 2012
La vraie piété

La vraie et solide dévotion présuppose l’amour de Dieu ; ou plutôt elle n’est autre chose qu’un vrai amour de Dieu, cet amour qui s’appelle grâce parce qu’il embellit notre âme et nous rend agréables à la divine Majesté ; qui s’appelle charité parce qu’il nous donne la force de bien faire, et qui s’appelle dévotion quand, parvenu à sa perfection, il nous fait opérer le bien avec soin, promptitude et fréquemment.
Dieu, en créant le monde, commanda aux plantes de porter du fruit, chacune selon son espèce. Il commanda de même à tous les chrétiens, qui sont des plantes vivantes de son Église, de produire de dignes fruits de dévotion, selon leur état et vocation.
La piété est faussée si elle est un obstacle à notre devoir d'état.
La dévotion doit être différemment pratiquée par le gentilhomme, par l’artisan, par la veuve, par la femme mariée.
Il faut même accommoder sa pratique à la santé, aux affaires et aux devoirs de chacun.
Non, la vraie piété ne gâte rien, ou plutôt elle perfectionne tout, en sorte qu’elle est fausse, si elle est un obstacle aux devoirs légitimes de la vocation.
Cependant, c’est ce que l’on voit souvent.
St François de Sales
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08 février 2012
L’humilité.

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier,
Ni le regard hautain.
Je n’ai pas pris un chemin de grandeurs
Ni de prodiges qui me dépassent.
Non, je me tiens en paix et en silence;
Comme un petit enfant contre sa mère,
Comme un petit enfant, telle est mon âme en moi
(psaume 131, 1-2)
L’humilité.
L’humilité est une vertu humble. Celui qui dit « je suis humble » ne l’est déjà plus. A ce propos écoutons la pertinence des propos de Saint François de Sales.
« Nous disons maintes fois que nous ne sommes rien, que nous sommes la misère même et l’ordure du monde ; mais nous serions bien marris qu’on nous prît au mot et que l’on nous publiât tels que nous disons. Au contraire, nous faisons semblant de fuir et de nous cacher, afin qu’on nous coure après et qu’on nous cherche ; nous faisons contenance de vouloir être les derniers et assis au bas bout de la table mais c’est afin de passer plus avantageusement au haut bout. La vraie humilité ne fait pas semblant de l’être et ne dit guère de paroles d’humilité, car elle ne désire pas seulement de cacher les autres vertus, mais encore et principalement elle souhaite de se cacher soi-même ».
L’humilité mène à l’amour. Là où est l’humilité, là est la charité, disait Saint Augustin. Sans l’humilité, le moi occupe tout l’espace disponible et voit l’autre comme objet ou comme ennemi.
Saint François de Sales.
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24 janvier 2012
Pour préparer la fête de Saint Jean Bosco 2012 suite

« A ce moment-là, je vis près de lui une dame d’aspect majestueux, vêtue d’un manteau qui resplendissait de toutes parts comme si chaque point eût été une étoile éclatante. S’avisant que je m’embrouillais de plus en plus dans mes questions et mes réponses, elle me fit signe d’approcher et me prit avec bonté par la main.
« Regarde », me dit-elle, je regardai et m’aperçus que tous les enfants s’étaient enfuis. A leur place, je vis une multitude de chevreaux, de chiens, de chats, d’ours et de toutes sortes d’animaux. « Voilà ton champ d’action, voilà où tu dois travailler. Rends-toi humble, fort et robuste et tout ce que tu vois arriver à ce moment à ces animaux, tu devras le faire pour mes fils. » (Don Bosco. Souvenirs autobiographiques)
25 JANVIER sixième jour
Méditations préparées par le Père Paul Belboom - sdb
source : DB 2015

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Chacun de nous est un chemin ...

Chacun de nous est un chemin, ce qui est demandé à l'un n'est pas demandé à l'autre. On ne demande pas à un pommier de faire des figues, on demande à un pommier de donner des pommes, au figuier de donner des figues.
La seule chose qui nous est demandée et que demande la Vie en nous, c'est de produire nos propres fruits, les fruits de notre propre sève, le chant de notre propre cœur, la marche de notre propre Vie.
On fait souvent de nous des arbres artificiels, un peu comme les sapins de Noël. Nous ne donnons alors pas les fruits de notre arbre mais d'autres fruits, qui viennent d’ailleurs. Ils sont certes brillants, appétissants et beaux à voir mais ils manquent de sève et de saveur. Il nous arrive ainsi d'en avoir assez d'être un sapin de Noël et de vouloir être enfin un arbre bien planté en terre, pour porter enfin nos fleurs et donner nos propres fruits, tournés la lumière.
Pour cela, il nous suffit de savoir quelle est notre manière propre d'incarner la vie, l'amour... À chacun de devenir le nom, le secret qu'il est, de révéler cette forme particulière que prend l’être, la Vie en lui. Chacun de nous est un chemin unique, celui que prend l’Amour pour éclairer le monde. Chacun de nous est une forme unique, particulière que prend la Vie pour éclairer la terre.
Jean Yves Leloup
Et à l'occasion de la fête de St François de Sales, laissez-nous vous offir un 'petit déca' :
cliquez ICI pour le servir...
sans oublier de l'accompagner de ces quelques
douceurs salésiennes
Prenez le temps également de (re)découvrir :
St François de Sales, prophète de l'Amour
Dieu est le Dieu du Coeur humain (un essai de pédagogie salésienne - J. Harvengt Salésienne de la Visitation)
la modernité de St François de Sales
"Tout par Amour et rien par force" (une conférence de Xavier Thévenot)
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21 janvier 2012
Pour préparer la fête de Saint Jean Bosco 2012 - 1ère partie

« A ce moment-là, je vis près de lui une dame d’aspect majestueux, vêtue d’un manteau qui resplendissait de toutes parts comme si chaque point eût été une étoile éclatante. S’avisant que je m’embrouillais de plus en plus dans mes questions et mes réponses, elle me fit signe d’approcher et me prit avec bonté par la main.
« Regarde », me dit-elle, je regardai et m’aperçus que tous les enfants s’étaient enfuis. A leur place, je vis une multitude de chevreaux, de chiens, de chats, d’ours et de toutes sortes d’animaux. « Voilà ton champ d’action, voilà où tu dois travailler. Rends-toi humble, fort et robuste et tout ce que tu vois arriver à ce moment à ces animaux, tu devras le faire pour mes fils. » (Don Bosco. Souvenirs autobiographiques)
20 JANVIER Premier jour
21 JANVIER Deuxième jour
22 JANVIER Troisième jour
23 JANVIER Quatrième jour
24 JANVIER Cinquième jour
Méditations préparées par le Père Paul Belboom - sdb
source : DB 2015

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19 janvier 2012
La prière selon Saint François de Sales (5)

La prière en tout temps :
« Rappelez le plus souvent que vous pourrez parmi la journée votre esprit en la présence de Dieu...; regardez ce que Dieu fait et ce que vous faites : vous verrez ses yeux tournés de votre côté, et perpétuellement fichés sur vous par un amour incomparable... Ressouvenez-vous, Philothée, de faire toujours plusieurs retraites en la solitudes de votre coeur, pendant que corporellement vous êtes parmi les conversations et affaires ; et cette solitude mentale ne peut nullement être empêchée par la multitude de ceux qui vous sont autour, car ils ne sont pas autour de votre coeur, ains autour de votre corps, si que votre coeur demeure lui tout seul en la présence de Dieu seul. Retirez-donc quelquefois votre esprit dedans votre coeur, où séparé de tous les hommes, vous puissiez traiter coeur à coeur de votre âme avec son Dieu...» (I.VD. II,12)
« On se retire en Dieu parce qu'on aspire à lui, et on y aspire pour s'y retirer (...). Aspirez donc bien souvent en Dieu, Philothée, par des courts mais ardents élancement de votre coeur : admirez sa beauté, invoquez son aide, jetez-vous en esprit au pied de la croix, adorez sa bonté... Comme ceux qui sont amoureux d'un amour humain et naturel ont presque toujours leurs pensées tournées du côté de la chose aimée, leur coeur plein d'affection envers elle, leur bouche remplie de ses louanges, et qu'en son absence, ils ne perdent point d'occasion de témoigner leurs passions par lettres, et ne trouvent point d'arbre sur l'écorce duquel ils n'écrivent le nom de ce qu'ils aiment ; ainsi ceux qui aiment Dieu ne peuvent cesser de penser en lui, respirer pour lui, aspirer à lui et parler de lui, et voudraient, s'il était possible, graver sur la poitrine de toutes les personnes du monde le saint et sacré nom de Jésus. » (I.V.D. II,13)
La prière : une affaire de persévérance
Lorsque surviennent les sécheresses et le manque de goût, François de Sales conseille de rester en paix et de ne pas se troubler.
« Si après tout cela vous n'êtes point consolées, pour grande que soit votre sécheresse, ne vous troublez point, mais continuez à vous tenir en une contenance dévote devant Dieu. »
(I.V.D II,9)
«Tenez pour règle que la grâce de la méditation ne se peut gagner par aucun effort d'esprit, mais il faut que ce soit une douce et bien affectionnée persévérance pleine d'humilité. »
Lettre à Madame Bourgeois, Abbesse du Puits-d'Orbe, 22 novembre 1604
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Pour info et + :
TELECHARGER ICI le document complet préparé conjointement par le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises.
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17 janvier 2012
La prière selon Saint François de Sales (3)

La prière : une relation plus qu'une méthode
« Plusieurs se trompe grandement, croyant qu'il faille tant de choses, tant de méthodes pour la bien faire. L'on en voit certains qui sont en un grand empressement afin de rechercher tous les moyens possibles pour trouver un certain art qu'il leur semble nécessaire de savoir pour bien la faire, et ne cesse jamais de subtiliser et pointiller autour de leur oraison pour voir comme ils pourront faire ainsi qu'ils désirent... Je ne dis pas qu'il ne faille se servir des méthodes qui sont marquées ; mais l'on ne doit pas s' attacher et les affecter tellement que nous mettions toute notre confiance en elle (...). Il n'y a qu'une seule chose nécessaire pour bien faire l'oraison, qui est d'avoir notre Seigneur entre nos bras : cela étant, elle est toujours bien faite, de quelque façon que nous nous y prenions. » Sermon du 2 février 1620.
(à suivre)
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16 janvier 2012
Qua la musique continue !
Voici un extrait (la conclusion) de la vidéo de l'Etrenne 2012 de notre Recteur Majeur qui nous invite à continuer à faire entendre la musique de la vie...
Nous avons été invité par don Bosco à jouer la musique du coeur... Aujourd'hui le père Chavez nous invite à le connaître et à l'immiter pour faire des jeunes la mission de notre vie.
RAPPEL :
Vous pouvez télécharger la vidéo complète à cette adresse
ou lire le commentaire ICI
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La prière selon Saint François de Sales (2)

La prière est à la portée de tous :
« Voyons maintenant si tous les hommes peuvent prier. Je dis qu'oui, et que pas un ne peut s'excuser de le faire, non pas même les hérétiques. Aussi y eut il un païen [cf Ac.10] qui fit une oraison si excellente qu'elle mérita d'être présentée devant le trône de la divine Majesté ; et Dieu lui octroya la grâce de lui donner le moyen d'être instruit dans la foi (...). Il est vrai que les grands pécheurs ont beaucoup de difficulté à faire l'oraison (...). Néanmoins, en tant qu'ils sont capables de la grâce, ils peuvent faire oraison. Il n'y a que le diable qui ne la puisse faire, parce qu'il n'y a que lui seul qui soit incapable d'amour ». (Sermon pour le 4ème dimanche de Carême, 29 mars 1615)
« Tous, de quelque condition qu'ils soient, doivent prier et faire oraison, car c'est là où principalement le divin Maître nous parle. Je ne dis pas que nous devons faire autant d'oraison les uns que les autres, car il ne serait pas à propos que ceux qui ont beaucoup d'affaires demeurassent aussi longuement en oraison que les religieux. » Sermon pour le 2ème dimanche de Carême, 23 février 1614)
« Je vous conseille la prière mentale et cordiale, et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et Passion de Notre Seigneur : en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui ; vous apprendrez ses contenances ( attitudes), et formerez vos actions au modèle des siennes » (I.V.D. II,1)
(à suivre)
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05 novembre 2011
Ta Parole, une lumière dans ma vie
Depuis 1964, les Sœurs Salésiennes de Don Bosco organisent des cours d'approfondissement de la foi.
Des personnes de tous les âges, de toutes les professions et de toutes les positions sociales disent leur satisfaction de les avoir suivis.
Tous sont entrés plus profondément dans la prière et ont cheminé spirituellement.
Beaucoup ont été aidés à un moment clé de leur vie, alors qu'ils traversaient une période douloureuse. Ils ont retrouvé la paix et l'abandon confiant entre les mains du Seigneur.
Ces cours n'exigent aucune formation préalable particulière. Ils sont à la portée de tous.
Chaque envoi est composé de:
- un enseignement,
- un travail facultatif... revu, corrigé de manière individuelle, personnalisée
- et renvoyé au Correspondant.
Toutes les semaines ou chaque quinzaine, selon les années de Cours, les correspondants reçoivent une leçon comprenant plusieurs feuilles d'enseignement, des documents de lecture et la proposition d'un travail à rédiger, à renvoyer au centre.
Ce travail corrigé, revu, apprécié de façon personnalisée est réexpédié avec une des leçons suivantes. Ces rendez-vous hebdomadaires deviennent rapidement des évènements attendus, car ils sont l'occasion d'échanges et de partages, d'interrogations sans complexes et de découvertes.
Pour en savoir plus et découvrir l'offre des cours: cliquez ICI
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08 octobre 2011
Un avenir à découvrir et à construire ensemble ! ...
Aujourd'hui, nous fêtons les 120 ans de présence salésienne en Belgique... L'occasion de se souvenir mais surtout l'occasion de se projeter dans cet avenir qui est à découvrir et à construire ENSEMBLE, tel que l'a voulu Don Bosco et tel que nous le rappelle le Père Chavez ...
Bonne fête à toute la Famille salésienne ! Vive don Bosco !

La collaboration laïcs-religieux
P. Pascual Chavez, à POUILLE – Aout 2008
passage tiré de son intervention « Motiver pour travailler dans la vigne »
« Il y a un aspect important à considérer dans la nouveauté apportée par le Concile, et qui touche de près la présence des laïcs dans notre Famille. Le fait qu’il y ait des laïcs en mission avec nous, et certains d’entre nous en mission avec eux, n'est pas une simple somme quantitative de forces, et encore moins une suppléance incontournable pour compenser nos pertes et nos absences.
Il s'agit d'une communion mutuellement enrichissante entre vocations distinctes mais complémentaires dans l'Église. Un échange mutuel de valeurs, qui améliorent la qualité respective des vocations, en renforce l’identité, en affine le caractère et en enrichissent l’actualisation.
Évidemment, il est nécessaire de savoir insérer entre laïcs et consacrés une vraie communion ecclésiale de vocations complémentaires, fondée sur le Christ, mue par son Esprit, nourrie de foi convaincue, de témoignage mutuel, d'engagement assumé, concret et opérationnel ; c'est-à-dire, qu’il s'agit d'une communion en profondeur dans la même spiritualité apostolique.
Le laïc réalise sa vocation ecclésiale en évoluant depuis l’intérieur des valeurs séculières, depuis la base du monde vers le sommet de l'attitude religieuse. Le SDB réalise sa vocation en évoluant depuis le cœur de sa consécration pour le monde, du sommet religieux vers les valeurs humaines. Si nous n’oublions pas l'affirmation expresse de Gaudium et Spes qu'il faut « pouvoir expliquer toutes les activités terrestres, en unifiant les efforts humains, domestiques, professionnels, scientifiques et techniques en une seule synthèse vitale d’ensemble avec les biens religieux, sous la haute direction desquels tout se coordonne à la gloire de Dieu » (43), nous comprendrons la différence de mouvement des deux vocations et aussi leur mutuelle complémentarité.
Le laïc, en partant chrétiennement de l’intérieur des valeurs séculières, enrichit le SDB ; et vice versa le SDB, en partant de l’intérieur des valeurs religieuses, enrichit le laïc qu’il rencontre dans le même service les jeunes.
Parmi les laïcs en mission avec nous, et parmi ceux des nôtres en mission avec eux, le but commun est l'apostolat populaire auprès des jeunes. Tous puisent ensemble le même esprit évangélique de Don Bosco, mais ils le font avec une tonalité et une particularité différentes et corrélées : ils s'enrichissent mutuellement, comme dans l’échange entre célibat pour le Royaume et mariage dans le Christ.
Don Bosco a vécu et nous a enseigné par expérience une semblable et précieuse communion. Nous sommes nés et avons grandi historiquement en communion avec les laïcs, et eux avec nous.
Comment pourrions-nous, après un Concile qui a approfondi et lancé cette immense valeur ecclésiale, ne pas nous engager à croître, à améliorer la qualité de la communion et à en augmenter le nombre de membres ?
Cependant il nous faut justement, parler, vivre et témoigner du Christ ensemble ! Il s'agit d'une commune vocation chrétienne, même si diversifiée, d'authentiques disciples du Seigneur.
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14 août 2011
Salésien: un style de vie inspiré par Marie

La spiritualité salésienne est une spiritualité qui a une empreinte mariale originale. Marie est une figure centrale dans l'œuvre éducatrice de Don Bosco.
La récupération de la spiritualité mariale libérée de certaines formes du XVIIIe siècle qui ne sont plus accordées à notre sensibilité, s'appuie sur deux supports:
1. Le mystère de la résurrection, par lequel nous sommes certains que les réalités ultimes travaillent déjà aujourd'hui dans l'histoire. « Marie est ressuscitée et vit avec le Christ Seigneur pour intervenir dans l'histoire du salut. La dévotion mariale nous met en contact avec une personne vivante et maternellement active dans les engagements de notre mission.» (Don Vigano)
2. Marie est la plus grande contemplative de tous les siècles : sa vie intérieure est typique pour tous. Elle est aussi la plus simple. Sans livres, sans élucubrations, sans mécanismes cérébraux, mais avec la plus fine intuition du cœur, l'intuition liée à une féminité profonde et libre de tout égoïsme.
Il y a un lien intime entre «maternité et évangélisation», entre Marie-Eglise et action apostolique. Chez Don Bosco, la «piété mariale» se relie profondément avec le «sens de l'Eglise» en une forme d'inséparabilité mutuelle et de croissance commune. Marie se situe comme la première médiatrice de la rencontre du Christ dans la communauté ecclésiale dont Elle est le signe, le modèle et la mère.
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07 août 2011
Un affaire de coeur

Jean Bosco sait regarder et voir et entendre. Qualités exceptionnelles de l’éducateur qui lui font comprendre sans arrêter la marche avec l’autre ; aimer l’autre sans le forcer ou le retenir dans quelque piège. Don Bosco, on le sait, a depuis longtemps cette perspicacité qui lui donne un certain ascendant naturel sur les autres. Mais il y a bien plus ici. Le jeune prêtre et éducateur est et possède cette corde précieuse qui vibre à la joie comme à la douceur de l’autre, secrète ou exprimée.
L’éducation est vraiment une affaire de cœur. On a tôt fait de la déclarer ; il y faut une vie, celle de chacun, pour en pratiquer la voie. Parce qu’il est libre, Jean Bosco peut aimer l’autre puisqu’il n’a pas besoin de lui pour exister ou se « confirmer » lui-même.
Don Bosco réalise ici qu’évangéliser c’est conscientiser. Si l’accueil est profond et vrai, si la rencontre a lieu, si la parole est dite qui devance l’appel et dénoue les peurs ou les nœuds, alors l’autre se met debout et se prend en main.
Don Bosco découvre que pour évangéliser il faut entrer en relation. Respecter l’autre, apprendre sa langue et découvrir de l’intérieur ce qui le meut ou le laisse inerte. Don Bosco découvre qu’en éducation, comme pour évangéliser, le porte-greffe est aussi important que le greffon. Que seul l’autre peut-être l’agent de son propre développement.
Extrait de « Un homme et un saint » Edition Don Bosco
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24 juillet 2011
Cultiver la joie

Il y a bien des manières de cultiver la joie, directement et indirectement. Le jeu, par exemple ! L’enfant aime jouer ! Mais le jeu permet en outre d’intérioriser des règles, donnant à la joie une dimension publique. [...]
A côté du jeu, bien d’autres activités permettent de cultiver la joie, mais aussi le sens de la gratuité et de la beauté qui réjouissent : activités de loisirs, de solidarité, d’efforts pour autrui, etc. L’éducation ne doit ni survaloriser le plaisir, ni le dévaloriser, mais lui accorder une juste place. L’écueil de l’absolutisation du plaisir laisse croire qu’un plaisir satisfait dans l’immédiat équivaut au bonheur absolu. Inversement, la dévalorisation prive l’enfant des bonnes choses de la vie. Elle aliène son désir de grandir et d’aller de l’avant. Le plaisir donne de la saveur à l’existence. Mais il n’est pas tout. Car ce que l’individu cherche, éducateur comme éduquant, c’est la joie et surtout le bonheur.
La joie est l’aliment et le fruit du désir. Elle est cadeau qui surgit quand on a réussi à faire croître l’humanité en soi-même et en autrui. Elle est nourriture qui à la fois apaise la personne et creuse davantage encore sa faim d’accomplissement de soi, sa soif de bonheur. [...]
Enfin, si l’éducation doit cultiver la joie, l’éduquant doit aussi pouvoir découvrir qu’il donne de la joie à son éducateur, par-delà ses résultats (scolaire ou autres). Don Bosco disait que l’enfant a besoin de se savoir aimé, il a sans doute besoin aussi d’observer ou d’entendre la joie de son éducateur.
Marie-Jo Thiel,
Eduquer à la Beauté, éduquer aux valeurs,
Ed. don Bosco
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02 juin 2011
Étrenne 2012: Connaitre Don Bosco pour lui être fidèles

“Connaissant et en imitant Don Bosco, faisons des jeunes la mission de notre vie”, voici le thème de l’Étrenne 2012; il est accompagné par une citation de l’Évangile de saint Jean (10, 11) qui offre le point de vue biblique: “Je suis le bon pasteur.
Le bon pasteur offre sa vie pour les brebis”.
“Nous devons l’étudier et, à travers les évènements de sa vie, nous devons le connaitre comme éducateur et pasteur, fondateur, guide, comme législateur” déclare le père Chávez en introduisant sa brève présentation. Les membres de la Famille salésienne seront appelés en 2012 à connaitre et à redécouvrir la figure multiforme du saint turinois.
Une connaissance historique qui n’est pas simple archéologie, mais doit considérer l’époque présente: “L’image de Don Bosco et de son action doit être reconstruite sérieusement, à partir de notre horizon culturel: de la complexité de la vie d’aujourd’hui, de la mondialisation, des difficultés d’apostolat, de la baisse des vocations, de la ‘mise en question’ de la vie consacrée”.
Être fidèles à Don Bosco signifie renouveler l’objectif de sa vie, pour lequel il donna “tous ses souffles”: le salut des jeunes qui, comme le rappelle le Recteur Majeur, doivent être rencontrés dans leurs situations de difficulté: “la pauvreté, le travail des mineurs, l’exploitation sexuelle, le manque d’éducation et de formation professionnelle, l’intégration dans le monde du travail, le manque de confiance en eux-mêmes, la crainte de l’avenir, l’égarement du sens de la vie”. Le regard se tourne également sur les natifs numériques: “qui au moyen des nouvelles technologies cherchent des expériences de mobilisation sociale, des possibilités de développement intellectuel, des éléments de progrès économique, des formes de communication instantanée, l’opportunité de jouer un rôle de premier plan… Même dans ce domaine, nous voulons partager leur vie et leurs intérêts”.
La connaissance de l’histoire de Don Bosco doit partir de quelques points de référence: la charité pastorale; les efforts, les renonciations, les privations, les souffrances, les nombreux sacrifices accomplis par Don Bosco; l’objectif de la Famille salésienne - être apôtres des jeunes, des milieux populaires, des zones les plus pauvres et missionnaires.
La présentation indique déjà les engagements qui devront jaillir de l’Étrenne 2012: être avec les jeunes dans les lieux, dans les situations et sur les frontières où ils attendent les membres de la Famille salésienne; la connaissance des réponses de Don Bosco aux besoins des jeunes: la redécouverte des “Mémoires de l’Oratoire de Saint-François”, écrites par Don Bosco à la demande explicite du Pape Pie IX, définies comme “des mémoires de l’avenir”. “Ainsi, au cours de cette année (2012), engageons-nous à connaitre ce texte, à en communiquer les contenus, à le diffuser, surtout à le mettre entre les mains des jeunes: il deviendra un livre inspirateur également pour leurs choix vocationnels”.
Sur le site Internet sdb.org est disponible - pour le moment en italien et en anglais - la présentation du thème de l’Étrenne 2012.
Publié le 01/06/2011
22:52 Écrit par CoopBelSud dans Actualité, formation salésienne | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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29 mai 2011
« Honnête citoyen et bon chrétien. »
" Allez donc plein de courage, faire ce à quoi vous êtes appelés ; mais allez en simplicité ; si vous avez des appréhensions, dites à votre âme :le Seigneur vous pourvoira !"
St François de Sales

Extrait de la CHARTE DE LA MISSION SALESIENNE, (cliquer pour télécharger)
Voici une présentation de ce que l’on présente souvent comme un résumé de la mission à la suite de don Bosco. A lire pour y (re)découvrir l’aujourd’hui de notre propre mission à l’heure où la foi se vit au pluriel des choix d’une société de plus en plus sécularisée et où la laïcité est de plus en plus présentée comme l’unique modèle de liberté humaine.
« Honnête citoyen et bon chrétien. »
Souvent utilisée par don Bosco pour définir la signification de son œuvre dans l'Eglise et dans la société, cette formule a franchi les limites de son temps et de l'expérience du Valdocco.
« Honnête citoyen et bon chrétien » a des contenus traditionnels et nouveaux.
Elle exprime le désir de collaborer à l'ordre nouveau de la société naissante à cette époque, et introduit dans les processus de changement les valeurs permanentes de la vie et de l'action morales. Elle reconnaît, avec une certaine empathie, la valeur de l'ordre nouveau qui se révèle dans la société. Elle reconnaît la richesse de la culture nouvelle qui se fait jour et les efforts pour donner à l'humanité un bien-être plus large et plus sûr. Elle reconnaît la force contenue dans la religiosité qui se rénove à la lumière des problèmes et des attentes des gens, en particulier des personnes les plus nécessiteuses.
Elle résume donc le manifeste éducatif de notre Père.
La synthèse n'est pas à chercher dans la seule brièveté de la formule, mais aussi et avant tout dans la capacité de ne pas diviser ce qui, dans la vie, est uni. Nous sommes tous, à la fois, citoyens et croyants. L'idée de don Bosco était de montrer que les deux concepts se tiennent. L'honnêteté du citoyen conduit à la fidélité aux valeurs de l'Evangile. La vie du bon chrétien est un fondement pour l'honnêteté sociale du citoyen.
L'humanisme salésien.
Le contenu immédiat qui se perçoit dans cette parole de don Bosco est l'accueil de tout ce qui est intégralement humain. Avant tout, chercher à être honnête citoyen et bon chrétien, c'est souligner la dignité de la personne humaine.
Dans sa constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde contemporain, le Concile Vatican II affirme avec clarté : « Croyants et incroyants sont généralement d'accord sur ce point : tout sur terre doit être ordonné à l'homme comme à son centre et à son sommet » (Gaudïum et Spes n° 12)
Les éducateurs et les apôtres ont pour tâche de réveiller et de mobiliser toutes les ressources des jeunes : leurs facultés de connaissance et de raison ; leur riche patrimoine affectif ; leur volonté fortifiée par leur liberté.
En outre, l'humanisme salésien considère les réalités quotidiennes : le travail et la culture, la joie de l'amitié et l'engagement civil, la nature où nous sommes plongés et l'éducation personnelle et sociale ; la compétence professionnelle et l'honnêteté morale du comportement et des options ; tous ces points constituent la vie et des valeurs à défendre et à développer dans l'expérience universelle. Dans l'histoire salésienne, le travail de promotion humaine estime fortement les petites choses qui constituent les expériences personnelles.
Ensuite, l'humanisme salésien vise à donner un sens à la vie de chaque jour.
L'éducation de don Bosco par la raison, la religion et le cœur tend à remplir d'espérance et d'avenir l'histoire des personnes. L'engagement apostolique salésien de tous les groupes de la Famille se définit par l'éducation comme contenu de sa mission, par la façon d'intervenir pour être efficace, et par l'option spirituelle pour ceux qui y travaillent.
Enfin, l'humanisme salésien se fixe comme but d'aider chacun à trouver la place qui lui convient dans la société et dans l'Eglise. La vocation de chacun est le point le plus important de la vie. Nous sommes placés dans le monde non pour nous, mais pour les autres, engagés dans une mission spécifique pour servir des frères.
Il rappelle la nécessité de travailler, en tout et toujours, avec une charité évangélique. Les croyants, adultes et jeunes, consacrés et laïcs, hommes et femmes, exercent sous mille formes le don de la charité : certains par l'aumône, d'autres par l'activité éducative, d'autres encore par le travail d'évangélisation, jusqu'à se donner aux missions
S'engager pour la personne humaine aujourd'hui.
L'objectif de la mission de la Famille salésienne, dans la simplicité de sa formule « honnête citoyen et bon chrétien », est devenu complexe et difficile dans le contexte social et religieux d'aujourd'hui. Des motivations historiques, culturelles et religieuses ne facilitent pas l'activité apostolique.
La lettre encyclique de Jean Paul II, La mission du Rédempteur, répond à beaucoup de questions de l'apôtre. La Famille salésienne qui travaille dans les différentes régions du monde est donc invitée à lire avec attention ce document de l'Eglise et à l'approfondir en fonction des diverses situations.
Don Bosco rappelait à ses collaborateurs de travailler avec une charité exercée « selon les besoins du temps ». Ce sont en fait ces besoins qui rendent concrets les objectifs de la mission.
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06:31 Écrit par CoopBelSud dans formation salésienne, Les dimanches salésiens | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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22 mai 2011
La prière salésienne: une célébration contemplative du présent

Nous assistons en notre temps, à un entremêlement ou à une succession de divers modèles de prière : un modèle traditionnel, dans lequel les «pratiques de piété» sont peut-être trop soulignées au détriment de la «piété» en soi; un modèle des mouvements de type charismatique qui tend à une raréfaction et à une transcendance anhistorique de la louange, de la glorification, de la jubilation dans l'Esprit; un modèle idéologico-politique fortement aimanté par les événements historico-politiques et dont le risque est de s'évanouir dans «l'engagement pour la révolution»: prier c'est «lire le journal» ou faire un collectif politique.
Une prière pétrie de quotidien
Le modèle salésien est différent : c'est la «prière dans le quotidien». Et il s'insère de fait dans cette «spiritualité du quotidien» comme lieu d'expérience de Dieu que nous avons mise comme premier point de la spiritualité juvénile salésienne.
«Je m'imagine comment la pensée de Don Bosco priant devait être pleine de Dieu, mais pour cela aussi pleine de ses enfants, des personnes, des problèmes qu'il avait. Et il faut aussi affirmer la contrepartie : c'est-à-dire que le travail, les dialogues, les discussions, les jeux, la promenade, la classe, sa présence parmi les jeunes, l'écriture, l'engagement en tant d'entreprises, la fatigue de Don Bosco étaient comme une extase de sa contemplation, de son amour. L'extase de l'action, comme dirait Don Rinaldi, reprenant la pensée de saint François de Sales,» (Don Vigano)
Don Bosco est-il un saint qui a peu prié ? C'est un saint qui dit plus «travaillons» que «prions». Pourtant, Don Bosco priait tout le temps et il est en même temps le prophète d'une prière non sophistiquée, ni élitaire ni idéologique, mais d'une prière à la portée de tous. Don Ceria affirmait : «La différence spécifique de la piété salésienne consiste à faire du travail une prière.» «Nous ne prions pas pour sanctifier le travail, comme si la sainteté était seulement dans la prière et non dans le travail apostolique; nous prions et nous travaillons, nous sommes plongés dans l'action et nous contemplons Dieu parce que, de l'intérieur, nous meut une même charité pastorale qui est l'âme de la prière et de l'action apostolique. Voilà le centre de notre vie intérieure, le lieu théologique où nous devons nous exercer, le matériel stratégique sur lequel il nous faut faire nos évaluations, nos examens, les recherches, les projets, les corrections, les propositions.» (Don Vigano)
D'où naît la prière salésienne
Notre prière est donc tout ensemble contemplation du quotidien et célébration du quotidien et se relie à cette «sacramentalité diffuse» dans le quotidien, dont nous avons parlé précédemment.
Le sens profond de la prière pour Don Bosco naît de son «anxiété pastorale» qui le pousse à «invoquer» et à «remercier»: et il fait de la prière un instrument éducatif de premier plan. Qu'il suffise de penser à la sainteté de Dominique Savio et à sa prière qui a atteint des sommets contemplatifs au sens strict.
Ce que fait observer Don Rinaldi est éclairant «Don Bosco a allié avec la plus grande perfection son activité extérieure, indéfectible, absorbante, très vaste à une vie intérieure qui prend sa source dans le sentiment de la présence de Dieu et qui devient actuelle, persistante et vive au point de devenir une union à Dieu parfaite. De cette façon, il a réalisé en lui-même l'état le plus parfait qui est la contemplation agissante, l'extase de l'action, dans laquelle il s'est consumé jusqu'à la fin, avec une sérénité extatique, pour le salut des âmes.»
Ici s'insèrent les caractéristiques de la prière salésienne: le salésien ne se sent pas «arraché» à la prière quand il doit passer à l'action, parce que même dans l'action il fait l'expérience de Dieu; sa prière est d'abord profondément personnelle pour être avec fécondité communautaire; c'est une prière imprégnée et pénétrée de quotidienneté et, pour cela, «populaire»; elle fait alors une grande part à la prière de «demande» comme expression de cette anxiété éducative de croître et de construire le Royaume ; elle est une prière simple, sobre, pauvre, joyeuse, sans éclats ni apparence : ainsi de fait prient les pauvres, les simples, le peuple. C'est une prière faite d'humilité, d'abandon à la présence et aux dons de l'Esprit. Elle est équilibrée dans le ton et dans la durée, elle est ouverte au corporel.
Plus qu'à faire prier les jeunes, le salésien tend à prier avec les jeunes et à donner du large à l'initiation juvénile, en éduquant les jeunes à gérer leur prière.
A la base de cette prière, il y a certaines valeurs humaines à recueillir et à approfondir et dont il faut faire faire l'expérience aux jeunes : le sens du mystère, le sens de la gratuité, la capacité d'étonnement devant les «merveilles» de Dieu ; le sens du silence et de la contemplation, le sens de la participation et du partage.
Dans ce cadre, la prière salésienne ne se refuse pas à se laisser provoquer par les autres spiritualités et les autres modèles de prière : l'important est que la synthèse qui en dérive soit organique et non une juxtaposition simpliste d'expériences diverses, sans une âme qui les assume et les englobe dans une réalité unitaire
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10 avril 2011
Ami de Dieu, amant des hommes.

Un regard sur Saint François de Sales...
C’est grâce à ce double amour, dans son comportement comme dans ses écrits, que tout chez saint François de Sales a été harmonieusement clair, aimable. Quoiqu’il nous attire vers les plus hauts sommets de la spiritualité, il est peut-être le plus simple et le plus équilibré des saints. Et le plus actuel.
On sait que les deux ouvrages les plus célèbres de saint François de Sales sont l' «Introduction à la Vie Dévote» et le «Traité de l’Amour de Dieu».
Un psychologue avisé. Le premier, attrayant comme son auteur, parsemé d’images pittoresques et de formules vivantes, a été destiné non seulement aux contemplatifs, mais à tous les hommes et femmes qui restent dans le monde. Ce beau livre a surtout un objectit moral et pourrait se résumer ainsi: la vraie dévotion présuppose l’amour de Dieu; il faut la rendre aimable, bienveillante pour autrui, sans retour sur soi-même, sans affection ni faux-semblant.
A cette fin, il faut rester simples, pour pratiquer une sincère humilité, qui est la «porte» de toutes les vertus alors que la charité en est la fin. Humilité et charité sont reliées par une "chaîne d’or"; toutes les autres vertus y sont enchâssées, et nos actes les plus méritoires n’acquièrent de valeur que si nous y mêlons au moins «une once d’amour».
Or, qu’est-ce que l’amour s’il ne tend pas au don généreux de soi-même, notamment à l’abdication de notre amour-propre, c est-à-dire l’humilité. Et à quoi servirait l’humilité si elle se bornait au mépris de soi-même, alors qu’il s’agit de se renoncer à soi-même pour s’offrir à ceux qu’on aime, au prochain et à Dieu ? Notre évêque était un psychologue avisé. De même qu’il a décrit la vraie dévotion, qui doit être aimable aux autres, il circonscrit l’humilité véritable en dénonçant ses multiples contrefaçons. Il constate notamment que:
«Nous disons maintes fois que nous ne sommes rien, mais nous serions bien marris qu’on nous prît au mot... Nous faisons semblant de fuir ou de nous cacher, afin qu’on nous coure après et qu’on nous cherche... La vraie humilité ne fait pas semblant de l’être et ne dit guère de paroles d’humilité, car elle ne désire pas seulement de cacher les autres vertus, mais principalement elle souhaite de se cacher soi-même.»
Pareillement, il dénonce la fausse générosité, qui est souvent paternaliste, en ce sens que nous sommes portés à donner ce qui nous plaît à offrir, au lieu de donner ce qui vraiment plaît à nos obligés:
«S’employer, voire donner sa vie pour le prochain, n’est pas tant que de se laisser employer au gré des autres.» Ou encore: «Il faut reconnaître notre néant, mais n’y faut pas demeurer.» Ce serait enfouir lâchement "le talent" que Dieu nous avait confié... A ses moniales, qui ambitionnent de grandes mortifications, il donne ce conseil bien simple, mais non moins héroïque: «Ne rien demander, ne rien refuser !» Essayons d’imaginer ce que cela représente.
Aux gens du monde: «la volonté de Dieu est que, pour l’amour de Lui, vous aimiez franchement votre état.,. Ne semez pas vos désirs sur le jardin d’autrui, cultivez seulement le vôtre». Quant à certains esprits inquiets, qui voudraient toujours faire autre chose et mieux, et qui s’épuisent en conjectures: «Pensons seulement à bien faire aujourd’hui; et quand le jour de demain arrivera, il s’appellera aujourd’hui, et alors nous y penserons... Il faut faire provision de manne pour aujourd’hui et pas plus: Dieu en pleuvera d’autre demain.» Il faut aussi prendre soin de son corps.
Qu’est-ce que l’amour ? Mais voici l’autre ouvrage, complément du premier: «Le Traité de l’Amour de Dieu» qui nous fait monter encore plus haut puisqu’il nous explique ce qu’est cet amour. Après le psychologue et le moraliste, c’est le théologien et le mystique qui nous enseignent.
Aimer quelqu’un c’est à la fois l’admirer, chercher à combler ses désirs et lui offrir tout ou partie de soi-même. Quand il s’agit de Dieu,c’est-à-dire de Celui qui possède à un degré infini toutes les perfections, Celui qui étant l’Amour-même veut se répandre sur tous les hommes et sur chacun d’eux, pour les assumer jusqu’à Lui, saint François de Sales nous invite à l’aimer «d’un amour de complaisance», «d’un amour de conformité et de soumission» et «d’un amour de bienveillance».
Dans l’amour de complaisance nous contemplons les perfections divines. Nous constatons qu’elles sont incommensurables autant qu'éternelles et nous nous réjouissons de trouver en Celui qui est notre Père la réalisation et la pérennité de toutes nos aspirations vers le Beau, le Vrai et le Bien. «L’âme qui est en l’exercice de l’amour de complaisance crie perpétuellement en son sacré silence: il me suffit que Dieu soit Dieu, que sa bonté soit infinie, que sa perfection soit immense; que je meure ou que je vive, il importe peu pour moi, puisque mon cher Bien-Aimé vit éternellement d’une vie toute triomphante.»
Dilatées par ma contemplation de ce cher Amour en qui elle se complait, l’âme en reçoit l’image, comme un vitrail reçoit la lumière du jour; elle tend à refléter quelque peu les perfections divines: voilà «l'Amour de conformité». «Tel est le doux et aimable larcin de l’amour qui, sans décolorer le Bien-Aimé, se colore de ses couleurs: sans le dépouiller de sa robe, sans rien lui ôter lui prend tout ce qu’il a... comme l’air prend la lumière. La complaisance nous rend possesseur de Dieu, tirant en nous les perfections d’lceluy... Nous possédons des biens qui sont en Dieu comme s’ils étaient nôtres».
...D’où une grande joie nous envahit, qui nous pousse à l’action de grâces, à manifester notre gratitude en cherchant à suivre en tout la volonté et le bon plaisir du Bien-Aimé. C’est l’amour de bienveillance: vouloir bien faire, vouloir le bien, c’est-à-dire les commandements du Père, les conseils évangéliques du Fils, les douces impulsions de l’Esprit, l’ouverture docile à la grâce pour accomplir joyeusement nos devoirs d’état, la disponibilité amoureuse devant tout événement voulu ou permis par la Providence. «Rien ne se fait, hormis le péché, que par la volonté de Dieu... Ouvrons les bras de notre consentement, embrassons tout cela amoureusement.»
Comme le soleil. Dirons-nous que tout cela est très beau, mais presque inaccessible, car nous sommes enfoncés dans des contingences du monde? Ce serait oublier toute la puissance de la grâce. Il faut la demander, supplier «Marie, vaisseau d’incomparable dilection, la plus aimable, la plus aimante et la plus aimée de toutes les créatures.» Dieu n’attend que notre geste pour descendre en notre âme et la combler; il aime chacun de nous en particulier. «Notre Seigneur est comme le soleil qui va partout... Le soleil ne regarde pas moins une rose avec mille millions d’autres fleurs, que s’il ne regardait qu’une seule.»
Et saint François de Sales conclut: «O Dieu, la beauté de notre sainte Foi est si belle que j’en meurs d’amour.»
Roger de Saint Chamas
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27 mars 2011
Les chemins de l'Espérance.

Les membres de la famille salésienne se voudraient semeurs d’espérance. Les religieux se sont mis à la recherche d’une méthode pour cet art difficile. En 1994, ils ont conclu une semaine de réflexion par une série de considérations, dont voici un choix un peu organisé.
Pour la diffuser, il faut d’abord être soi-même homme ou femme d’espérance. Le regard du croyant qui vit dans l’espérance traverse le visible pour atteindre au mystère. Il reconnaît le mystère de salut et d’amour dans lequel il se trouve immergé. Pour lui la vie a un sens. L’ Esprit du Christ ressuscité, en qui tout est récapitulé, le lui donne et lui permet de dépasser la mort. Le désordre en soi-même est nocif à l’espérance, la solidité spirituelle la favorise. L’espérance théologale comme l’espoir humain supposent la connaissance du dynamisme de toute vie, qu’elle soit personnelle ou collective : l’aujourd’hui construit le lendemain. Qui se renferme sur son monde propre, pense et vit en égoïste, est incapable de sentiments de solidarité avec son prochain immédiat, mais aussi avec ceux qui sont loin. Il n’espérera pas grand-chose de la société. Au contraire, qui partage avec d’autres son temps, ses ressources et son savoir, ne serait-ce que par le dialogue amical, pensera et se comportera différemment.
L’homme ou la femme d’espérance lutte contre le défaitisme environnant, dans la conviction que l’espoir naît fréquemment du désert et se développe aussi dans des conditions difficiles. Salésien, l’être d’espérance tâche d’être présent au monde, en particulier à la jeunesse qu’il veut former et éduquer. La qualité de sa présence le préoccupe, car il est des présences désespérantes. Attentif aux valeurs positives des autres, dans ses relations avec autrui, soucieux lui-même de communion en esprit, il s’efforce de combler la distance qu’engendre souvent le langage. Pour le disciple de Don Bosco, le chemin privilégié de l’espérance est un chemin de bonté et même de gentillesse.
Cependant, le mal existe terrible, universel. Dans la nature soudain hostile, dans l’homme surtout. L’horizon du monde, supposé radieux par les discours apaisants, est, pour beaucoup sur cette terre, rempli de flammes et de cadavres. La méchanceté et la haine déterminée submergent des familles, des villes et des populations entières. Elles ont beau se démener : à vues humaines la situation peut et doit même être alors dite proprement désespérée. Que devient l’espérance dans l’horreur des destructions et de la mort innombrable ? Depuis toujours, dans les temps d’épouvante la malheureuse humanité se tourne vers la divinité, elle invoque son aide. « Dieu nous périssons ! ». Il n’est plus de recours qu’en Lui ou en ses représentants. Le chrétien fervent, pour sa part, regarde la croix. Il se dit que le Christ pantelant lui indique la route de la résurrection et de l’éternité. Son espérance, qui ne repose plus qu’en Dieu, s’est purifiée. « Que ta volonté soit faite, Seigneur ! » Le disciple de saint François de Sales n’espère plus que la « vie éternelle », si Dieu son Père veut bien le recevoir en son sein.
(Extrait 100 mots clés de la spiritualité salésienne. Desramaut).
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20 mars 2011
HUMILITE et DOUCEUR : présence et relation au cœur du monde

"L'humilité nous perfectionne envers Dieu, et la douceur envers le prochain".
Saint François de Sales, "Introduction à la vie dévote"-3e partie, chap.VIII.
L'HUMILITE nous situe face à la sainteté, à la sagesse, à l’infini de Dieu. C’est ainsi que nous prenons notre véritable mesure. Une mesure qui est, essentiellement la reconnaissance acceptée avec amour - et non avec dépit - de notre néant devant Dieu.
La DOUCEUR est la fleur de la charité. Ni simple gentillesse humaine, ni sentimentalité, quoiqu’elle soit le contraire de la violence, elle est force et elle suppose la maîtrise de la force, en vue d’un service désintéressé.
La douceur est disposition fondamentale au bon vouloir, elle est sympathie a priori et refus de condamnation, respect de l’autre et confiance dans ses valeurs cachées, accueil à ses besoins et disponibilités à son service. Vertu active, s’il en fut.
DOUCEUR ENVERS SOI-MEME - sans doute la plus difficile -
“Ne nous dépitons jamais contre nous-mêmes, ni contre nos imperfections... En quoi font grande faute certains qui, s’étant mis en colère, se courroucent de s’être courroucés, entrent en chagrin de s’être chagrinés, et ont dépit de s’être dépités. Car, par ce moyen, ils tiennent leur cœur confit et détrempé dans la colère.”
En bref, l’image la plus fidèle du Christ que St François de Sales révèle à ceux qui l’étudient, c’est "Notre Seigneur conversant parmi les hommes" en esprit de douceur fraternelle. C’est un idéal proposé à tous.
Par ses paroles, ses écrits, son exemple, François de Sales est le docteur d’une piété dans l'amour, la simplicité, la paix, l'optimisme. A cette lumière, nous pouvons nous demander: qu’est-ce que c’est pour nous d’être salésien aujourd’hui?
Être salésien, c’est regarder les personnes et les événements avec optimisme, dans la certitude que Dieu pénètre tout. Cette certitude grandit dans la prière intérieure qui reconnaît la volonté et l’amour de Dieu en toutes circonstances.
La manière salésienne, c’est un esprit d'accueil ouvert aux joies, aux souffrances, aux faiblesses, aux valeurs des autres. C’est un esprit d’optimisme qui sait voir dans les événements, le sens providentiel; dans les personnes, le positif qui existe toujours à côté des faiblesses, la bonne intention plutôt que la mauvaise, l’étincelle qui couve sous la cendre.
C’est la sérénité que rien ne trouble, qui ne prend rien au tragique mais ramène toute chose à ses vraies proportions. C’est la bonté aimable, accueillante à tous, l’attention portée à chacun, la disponibilité qui fait que l’on est tout à tous.
Être salésien, c’est surtout la piété simple et confiante qui croit à l’amour…
A. DUVAL
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08 mars 2011
LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne. (4/4)

LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne.
(partie 4/4)
... Mais notre prière à une quatrième caractéristique, que l’on devrait plutôt appeler la première ; elle est une prière étroitement liée à la vie, une prière qui envahit secrètement toutes les activités pour les transformer également en prière « diffuse » , en vigilance du cœur qui reste uni à Dieu et a souci de travailler pour lui. C’est cela que nous devons voir à présent, en commentant les articles 12 et 95 des Constitutions.
Art. 12. Union à Dieu.
« Quand il travaille au salut de la jeunesse, le salésien fait l’expérience de la paternité de Dieu et ravive continuellement en lui-même la dimension divine de son activité : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15.5)
Il entretient son union avec Dieu, conscient qu’il faut prier sans cesse, en un dialogue simple et cordial avec le Christ Vivant et avec le Père qu’il sent tout proche. Attentif à la présence de l’Esprit et faisant tout par amour de Dieu, il devient, comme Don Bosco, contemplatif dans l’action ».
Art. 95. La vie comme prière.
« Plongé dans le monde et les soucis de la vie pastorale, le salésien apprend à rencontrer Dieu à travers ceux auxquels il est envoyé. S’il découvre les fruits de l’Esprit dans la vie des hommes, spécialement des jeunes, il rend grâce en toute chose ; quand il partage leurs problèmes et leurs souffrances, il invoque pour eux la lumière et la force de Sa présence…
Le besoin de Dieu perçu dans l’engagement apostolique le porte à célébrer la liturgie de la vie jusque dans l’activité infatigable sanctifiée par la prière et l’union à Dieu, qui doit être la caractéristique des fils de saint Jean Bosco ».
(Extraits de « Don Bosco vers l’an 2000 » - Joseph AUBRY, sdb)
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07 mars 2011
LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne. (3/4)

LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne.
(partie 3/4)
3. Dans ses formes principales, la prière salésienne va à l’essentiel.
Quant aux formes de prière, compte tenu des limites imposées par la culture théologique et liturgique de l’époque, on peut dire que Don Bosco a bien choisi : il est allé à l’essentiel : parole de Dieu, sacrements, dévotions majeures. Concrètement il a demandé à ses différents disciples (garçons, Coopérateurs, Salésiens, FMA) les mêmes quatre choses substantielles (avec des insistances particulières pour les deux derniers groupes, on le comprend).
- La prière quotidienne après le lever et avant de Se coucher, avec une courte méditation ou une lecture spirituelle ;
- Une très grande estime et pratique des sacrements. De la confession et de la communion, cette dernière prolongée par un peu d’adoration du Saint–Sacrement en quelque moment favorable de la journée (« Visite ») ;
- Un soin spécial apporté aux deux temps forts du mois et de l’année : l’ « exercice de la bonne mort » et les « exercices spirituels », moments de halte et de large respiration spirituelle, d’autant plus nécessaires que les salésiens sont plus actifs ;
- Enfin une dévotion tendre et forte à Marie-Auxiliatrice.
à suivre :
4. Une quatrième caractéristique
(Extraits de « Don Bosco vers l’an 2000 » - Joseph AUBRY, sdb)
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05 mars 2011
LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne. (2/4)

LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne.
(partie2/4)
2. Dans son style, notre prière est « juvénile » et populaire.
Pour Don Bosco, la prière (sauf difficultés particulières de santé du corps ou de l’âme) n’est pas un poids, une contrainte, un « devoir » imposé de l’extérieur. On va prier avec joie : nous avons la possibilité, la liberté, la chance, la dignité, la grâce de dialoguer avec l’Amour infini, qui toujours nous attend !
La prière salésienne réclame donc un style « de jeunes » : prière bien faite, belle, joyeuse, partagée. Prière qui engage tout l’être : le corps aussi est appelé à prier, par des signes de croix et des génuflexions non escamotés ; par des lectures clairement proclamées et sans précipitation. Prière joyeuse, de résonance pascale, avec chants et musique, qui fasse pressentir combien il est merveilleux d’être fils et filles de Dieu et comment ce Dieu nous a faits pour sa joie éternelle ! Dès le début à Valdocco, les gars de Don Bosco chantaient à l’église à deux, à trois, à quatre voix. Pour les fêtes, toujours préparées avec soin, même la musique instrumentale y allait de son morceau.
…Prière ouverte aux initiatives, sainement innovatrice, qui ne se durcit pas dans la routine ni dans la monotonie, et qui permet à l’âme d’exprimer la fraîcheur des sentiments de chaque aujourd’hui.
Prière populaire aussi, capable de plaire non seulement aux jeunes, mais aussi aux gens simples, capable d’être comprise de tous, donc pas compliquée, pas trop élevée, pas de type cérébral, mais qui fasse plutôt sa place au cœur et aux valeurs légitimes de la religiosité populaire. Don Bosco n’aurait sûrement pas approuvé certains prêtres d’aujourd’hui qui, sous prétexte que les églises étaient autrefois trop chargées de saints et de décorations, sont passés à l’extrême opposé et offrent maintenant à leurs fidèles des églises nues, froides, désolées. Quant aux célébrations, Don Bosco les voulait capables de parler à l’intelligence comme au cœur.
Prière de style jeune et populaire donc, adaptée aux capacités de celui qui prie ; prière qui ne pèse pas, qu’il n’est pas opportun de prolonger lorsque le groupe arrive à saturation, tandis que, sur le plan individuel, quelqu’un peut bien prier durant de longues heures s’il en sent le besoin (De Dominique Savio Don Bosco écrit : « Ses actions de grâces n’en finissaient plus »)
Aller prier avec les charismatiques ou quelque groupe qui utilise des formes et des méthodes démonstratives ? Pourquoi pas, si cela stimule à une prière plus éclairée et plus profonde ? Mais on ne peut l’accepter comme style habituel : le salésien demeure attaché aux grandes valeurs de simplicité, de sobriété et d’ouverture aux capacités de tous.
à suivre :
3. Dans ses formes principales, la prière salésienne va à l’essentiel.
4. Une quatrième caractéristique
(Extraits de « Don Bosco vers l’an 2000 » - Joseph AUBRY, sdb)
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04 mars 2011
LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne. (1/4)

LA PRIERE SALESIENNE : trois caractéristiques de la prière salésienne.
(partie1/4)
1. Dans son inspiration, la prière salésienne est apostolique.
Clairement conscient de sa vocation et de sa fonction originales dans le peuple de Dieu, le salésien prie en apôtre angoissé par le salut des jeunes. Sur ce point, sa prière se relie, au-delà de Don Bosco, à celle même de Jésus durant sa vie publique, à celle de saint Paul et des grands hommes d’action. Le disciple de Don Bosco entre spontanément dans la structure du Notre -Père: certes il prie à ses propres intentions et demande humblement ce dont il a besoin. (« Donne-moi mon pain quotidien, pardonne-moi mes offenses, libère-moi du mal »), mais il prie en premier lieu et davantage aux intentions de Dieu : « Que ton nom soit sanctifié, que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite ! ».
Quand il se met en présence des personnes divines et de Marie pour les prier, il a sa manière à lui de les voir, au moins d’une façon préférentielle. Il regarde le Père comme le Père universel qui appelle à la filiation éternelle le plus pauvre des jeunes, il le voit comme le Maître de l’immense vigne, comme l’Impresario prodigieux du dessein de salut qui en confie la réussite aux généreux collaborateurs de son Fils. Il regarde le Christ surtout en tant que sauveur, bon pasteur, bon samaritain (« Jésus notre divin Sauveur » était l’expression la plus habituelle de Don Bosco), le Christ de la vie publique, dévoré du zèle de la maison de son Père. Il regarde Marie comme celle qui associée à son Fils, s’est faite notre maîtresse de sagesse et la mère des jeunes surtout pauvres, et qui incite tous les membres de la Famille Salésienne à travailler dur à leur salut et au bien de l’Eglise.
Quand donc le salésien dialogue avec ce Père, avec ce Christ, avec cette Vierge Marie, il ne peut prier que d’un cœur plein de charité pastorale dynamique ; sa prière est toute pénétrée du souffle de l’apostolat des jeunes, toute animée des angoisses et des espérances des jeunes, surtout des jeunes qu’hier encore il a rencontrés ou de ceux qu’il rencontrera aujourd’hui.
La prière revêt alors une double signification, que l’on pourrait exprimer par ces deux formules :
- Elle est exercice de l’amour d’intimité (de communion avec Dieu) : l’apôtre, en toute simplicité, rend compte à son Seigneur de sa vie et de son expérience, lui parle de tous ceux dont il est responsable, le remercie des succès, s’humilie devant lui pour ses négligences et ses insuccès, lui redit combien il se sent heureux d’être son serviteur et son ami !
- Elle est préparation à l’amour de service (de don aux autres) : la prière est aussi supplication, appel à la grâce pour que le travail d’aujourd’hui et de demain soit fécond ; elle est réaffirmation que, pour la réussite des projets et des efforts entrepris, on compte davantage sur la Force de l’Esprit que sur les capacités d’un apôtre qui demeure un pauvre homme. (Cf Jn 15,5 ; Ph.4.13).
Tout cela évidemment, est fait sans raideur ni exclusivismes dans l’ouverture au grand courant de prière de l’Eglise, et avec l’attention à ce que l’Esprit opère dans l’âme personnelle de chaque disciple du Christ.
à suivre :
2. Dans son style, notre prière est « juvénile » et populaire.
3. Dans ses formes principales, la prière salésienne va à l’essentiel.
4. Une quatrième caractéristique
Extraits de « Don Bosco vers l’an 2000 » - Joseph AUBRY, sdb)
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03 mars 2011
Esprit de prière.

Les témoignages sont nombreux sur la vie d’union à Dieu que saint Jean Bosco était parvenu peu à peu à mener au travers de ses multiples activités.
En Don Bosco, très grande était l’union avec Dieu, même au milieu de son activité extérieure. A première vue, à considérer ses innombrables occupations où l’engageaient les devoirs de charité et de religion, on serait tenté de croire qu’il était tout entier un homme de calcul et d’action et se contentait des prières obligatoires ; « Au contraire, nous dit le professeur Maranzana, qui fut son élève, je l’ai toujours vu recueilli en lui-même, avec une âme si paisible et si tranquille qu’il semblait être dans une contemplation continuelle des choses célestes. Il demeurait sur terre pour faire le bien, mais son esprit était dans l’autre vie » Et sa vie était Jésus-Christ.
Ses secrétaires l’ont toujours vu commencer son travail par une intense élévation de son esprit vers Dieu. Aussi longtemps qu’il le put et que ses forces le lui permirent, il récitait avec les enfants les prières du soir, soit debout, soit à genoux sur le pavé des portiques. S’il apercevait un garçon faisant négligemment le signe de la croix, il ne manquait pas de lui en faire la remarque. Même les brèves prières avant et après le repas, il les récitait avec grand recueillement. « Bien des fois, écrit Don Rua, je l’ai surpris recueilli dans la prière en ces courts moments où, ayant besoin de prendre haleine, il se trouvait dans la solitude. » Il dit lui-même à un confrère dans lequel il avait une grande confiance : « Parfois je ne puis assister à la lecture spirituelle de règle, alors, avant de me mettre au lit, je m’agenouille par terre et je relis, ou au moins me remémore posément, quelques versets de l’Imitation de Jésus-Christ ».
En somme, l’esprit et le cœur fixés en Jésus au Saint Sacrement, il vivait dans une prière continuelle.
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25 février 2011
Une maison pour chacun
Alors Don Bosco, où est-elle votre maison ?
-Patience les enfants.
Je vous ai dit que dès le prochain virage, vous en apercevrez le toit !
UNE MAISON POUR CHACUN :
Tu aimais dire « Questa è la mia casa », en montrant ta maison.
Une masure, une bicoque, une baraque, une cassine.
Une cuisine et deux chambres. Un fenil et une étable.
Mais pour toi, c’était un palais au royaume des Becchi.
Combien en as-tu bâti, des « maisons de Don Bosco » ?
Mais cette maison restera toujours ta maison,
Image de ce qui est essentiel pour les enfants :
Une famille et du pain.
La maison où l’on se serrait les coudes,
Celle où l’on accueillait des pauvres sans domicile.
Celle que tu as dû quitter devant les colères de ton frère.
La maison où le pain n’a finalement jamais manqué.
Le pain de chaque jour, fruit du travail de tous.
Jean Bosco, tu n’as jamais oublié tes origines.
Tu venais ici en pèlerinage vers ton humus.
Tu donnais du goût à ta sainteté avec le sel de l’humilité.
Tu étais le premier étonné de voir ce que Dieu avait réalisé à travers toi.
Cher Don Bosco, la maison de ton cœur,
Tu l’as bâtie assez grande pour accueillir tous les gamins de la rue.
Du hangar Pinardi, les jeunes pouvaient dire :
« C’est notre crèche, notre Bethléem . »
Du Valdocco, des milliers de jeunes ont pu dire : « Questa è la mia casa. »
Et aujourd’hui, dans le monde entier,
Des baraques du Chili aux écoles du Japon, des millions de jeunes peuvent dire :
« C’est ma maison. »
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31 janvier 2011
Fête de saint Jean Bosco
(Homélie)
En ce jour de la fête de saint Jean Bosco, il nous plaît de réentendre l'invitation de St Paul à nous réjouir sans cesse dans le Seigneur. L'Apôtre des nations invite les Philippiens à porter en quelque sorte (anachronisme) un regard salésien sur le monde: « Que votre sérénité soit connue de tous (..), ne soyez inquiets de rien, mais en toute circonstance, priez dans l'action de grâce ... ». C'est un regard positif sur la vie, les situations et les personnes, un regard auquel nous sommes, nous aussi, invités.
Il est bon que l'on nous voie, que l'on nous reconnaisse pour ce que nous sommes: des chrétiens heureux, joyeux. Même les plus âgés peuvent avoir "une figure de jeune homme". Cela se voit, cela se communique, cela se nourrit par la confiance, par la bienveillance, par l'amour même qui peuvent transparaître dans nos gestes, dans nos paroles, dans nos rencontres. C'est la richesse de l'héritage spirituel que nous recevons de Don Bosco.
Le fondateur de notre famille religieuse ne se contente pas de contempler le "ciel" de ses jeunes élèves. Il vit au milieu d'eux et il sait qu'ils ne supportent pas uniquement des pensées sérieuses; en outre, il a l'occasion de percevoir ceux qui souffrent de la "pauvreté", de l' ''abandon'' et quelles sont leurs requêtes, exprimées avec plus ou moins de clarté. Sa pédagogie "s'humanise" nécessairement dans les contenus et les méthodes. Le "salut éternel" est ainsi recherché à travers les formes indispensables du salut terrestre (nourriture, vêtement, logement, travail, profession, socialisation) et un style adapté sur mesure à la sensibilité des jeunes (sécurité, affectivité, sérénité, vie en famille, joie).
Voilà donc pour la joie, qui trouve tout naturellement sa place dans notre célébration. Quant au texte d'évangile choisi pour ce jour, ce n'est pas l'habituel récit de la rencontre entre Jésus et les enfants. C'est un autre texte proposé lui aussi pour la fête de St Jean Bosco. La parabole de l'évangéliste Matthieu sur le sel de la terre et la lumière du monde.
La joie que Saint Paul nous invite à cultiver n'est pas une joie naïve. Elle se fonde sur un projet de vie, sur une vision du monde, sur des valeurs qui n'est pas forcément partagée par tous.
Dans un monde où il semble que tout se vaut, être sel de la terre, c'est montrer que certains choix sont constructifs et d'autres pas. Le sel, c'est le goût. Le goût de la vie, c'est le sens que nous lui donnons. Or il y a des sens interdits, des voies sans issue ... Nous ne voulons pas non plus emprunter les avenues du suivisme. Alors, dans un monde en manque de repères, être lumière du monde, c'est oser indiquer des chemins d'humanisation et de bonheur.
Quand Jésus nous demande d'être sel de la terre et lumière du monde, c'est aussi pour nous inviter à aller à contre-courant; à oser dire qu'on peut fonder sa vie sur l'amour, et montrer ainsi que la solidarité est importante, que chacun mérite d'être accueilli et écouté, et qu'il y a une place pour lui, que le service de l'autre et le don de soi peuvent éclairer une vie.
Mais bien sûr, dans notre foi, comme dans notre vie, rien n'est jamais acquis une fois pour toutes, et nous ne vivons pas toujours selon les principes que nous proclamons. Il suffit de regarder l'histoire et même l'actualité de la vie des hommes: que de conflits inutiles, de haines et de souffrances injustifiés. Et nos communautés ont aussi toujours besoin de conversion.
C'est pourquoi Don Bosco est encore prophète lorsqu'il invite ses successeurs à œuvrer encore et toujours à l'accueil, au soutien, à l'accompagnement, à la promotion. Nous sommes rarement à la hauteur de son audace quand nous concevons nos projets pastoraux. Mais Don Bosco nous appelle à la passion pour la vie, il nous invite à nous émerveiller de ce qui est positif dans toute vie, et bien sûr dans celle des jeunes.
Vous me permettrez deux citations:
Umberto Eco (essayiste italien) écrivait à propos de Don Bosco: "Ce génial réformateur entrevoit que la société industrielle exige de nouveaux modes de socialisation et il invente alors une machine parfaite (. .. ) gérée sur des bases minimes; il prescrit à ceux qui la fréquentent un code moral et religieux, mais il accueille aussi ceux qui ne le suivent pas. En ce sens, le projet de Don Bosco investit toute la société de l'ère industrielle, à laquelle a manqué son "projet Don Bosco" avec la même imagination, la même inventivité (...), le même sens des temps".
Par ailleurs, l'un des cofondateurs du Parti communiste italien écrivait en 1920: "Don Bosco ! C'était un grand homme, que vous devriez essayer de connaître. Dans le cadre de l'Eglise ... Il sut créer un imposant mouvement d'éducation, en redonnant à l'Eglise le contact avec les masses, qu'elle était en train de perdre. Pour nous qui sommes en dehors de l'Eglise et de toute Eglise, il est un héros, le héros de l'éducation préventive et de l'école-famille. Ses continuateurs peuvent en être fiers " (G. Lombardo Radiee, Clericali e massoni di tronte al problema della scuola, Rome, La Voce, 1920, pp. 62-64, 1 Appendice).
Ces auteurs ont compris le cœur de l'œuvre de Don Bosco, son sens véritable: un grand amour envers les jeunes, se traduisant en un service en vue de leur formation humaine, spirituelle et professionnelle.
C'est un héritage à partager, à faire toujours davantage fructifier dans notre société qui a tant besoin de valeurs et de témoins.
Jean-Noël Charmoille sdb
Vicaire provincial
Paris 31 Janvier 2009
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