11 novembre 2017

Au pied du mur

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Il y a des murs partout, des, des murailles,
des remparts, des forteresses.
On dit que c'est pour se protéger
mais c'est pour s'enfermer.

Qui est le prisonnier ?
Celui qui est derrière les murs
avec son cœur libre,
ou celui qui est dehors
le cœur enchaîné aux affaires ?

Il y a des murs de mépris...
Il y a des murs de la honte...
il y a des murs qui écrasent...
Il y a le mur de l'argent...
Le mur écrit de cris...

Le mur où il est défendu de déposer les ordures
mais où les hommes sont bien obligés de se poser
parce qu'ils n'ont nulle part ailleurs pour dormir...

Les murs tristes qui font le tour des banlieues,
le béton sans visage qui dresse des tours et des barres,
longues, si longues que de loin,
elles ressemblent à des cercueils...

les murs où les chiens aboient
pour cause de propriété privée, de chien méchant...

Le mur du savoir
avec tous ceux qui n'ont jamais eu le droit d'y entrer
et qui n'ont appris ce qu'ils savent
qu'à l'école du malheur
et à l'université de la misère...

Les murs de la faim...
Les murs d'injustice...
Les murs de soupçon...
les murs de colère...

Et toujours ces murs qui déchirent :
L'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud,
Le tiers-monde et le quart-monde,
et le monde tout entier
qui a cessé d'être celui des hommes.

Jean Debruynne

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06 novembre 2017

Le silence de Dieu

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Seul le silence, le silence des choses, le silence de la nature, le silence de la lumière, le silence du chant des oiseaux lui-même, ce silence seul peut faire contrepoids à la folie des hommes.

(…) Il est absolument indispensable, si nous voulons garder notre équilibre, et si nous voulons être dans le monde le ferment d’une paix chrétienne, il est indispensable de revenir continuellement au silence.

Les hommes pourraient se rencontrer et se retrouver frères infailliblement, dans la mesure, justement, où chacun consentirait à se démettre de lui-même en écoutant l’appel de sa vie intérieure.

Quelle merveille si chacun pouvait, le matin, en se recueillant au plus intime de lui-même, se charger de toute la lumière du Christ et écouter, comme dit saint Ignace d’Antioche, les mystères de la clameur qui s’accomplissent dans le silence de Dieu.

Maurice Zundel

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04 novembre 2017

Se laisser aimer

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Être aimé est plus fondamental qu'aimer. Il est curieux d'affirmer cela alors qu'on insiste tellement sur la grandeur de l'amour et sur la nécessité de le semer autour de nous. Jésus n'a-t-il pas fait du grand commandement de l'amour le premier de ses commandements ? Et n'est-ce pas l'évangéliste saint Jean qui dit que Dieu est Amour ; il est d'abord cela et toute son action est dirigée par l'amour.

Pourtant, par quoi sont baignés les premiers instants de notre vie sinon par des témoignages d'amour. La mère qui reçoit son bébé naissant dans ses bras lui prodigue déjà un premier message d'amour. L'enfant ne peut lui répondre. Il n'est pas encore assez conscient pour le faire. Mais s'il ne recevait pas ces marques d'amour, ces baisers frénétiques, ces élans chaleureux qui caractérisent tout premier contact avec un nouveau-né, il s'en ressentirait toute sa vie. Les psychologues nous expliquent comment quelqu'un qui n'a pas reçu sa portion d'amour au matin de son arrivée peut mener une existence froide, distante, sans amour.

Avant de donner de l'amour, nous devons en recevoir et se savoir aimé est une aspiration foncière du cœur humain. On sait à quelles hauteurs peuvent atteindre des personnes qui se savent aimées dans leur milieu. On connaît les prouesses de dépassement auxquelles se livrent des enfants qui sentent la chaleur de l'amour de leurs parents. Et que dire de ces vieillards qui incarnent la sérénité et le calme du soir autour d'eux parce qu'ils se sentent véritablement aimés. Ils n'ont pas l'impression que leur existence est inutile : leur solitude est richement meublée.

Se laisser aimer: voilà une conséquence de tout cela. Il y a des êtres rébarbatifs à l'amour. Ils se font une carapace difficile à percer. Généreux, actifs, donnés même, ils ne se laissent pas infiltrer facilement par un amour qui les poursuit. Il faut bien le dire : se laisser aimer est peut-être plus difficile que d'aimer. Pourquoi ? Sans doute parce qu'on ne veut pas être redevable aux autres du bonheur qu'ils nous prodiguent.

Si l'on veut que l'amour fleurisse autour de soi, pourquoi ne pas faire comme l'enfant, se laisser aimer sans fausse honte et avec joie : d'abord et avant tout par Dieu lui-même.

Mgr Jean-Guy Hamelin, 10 mars 1999

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01 novembre 2017

Tous des Saints ?

BONNE FÊTE !

Ma Vocation, c'est la Sainteté ►

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Nous sommes parfois terriblement déçus par l’image de la sainteté, telle qu’on nous la présente ou telle que nous l’imaginons : les saints seraient-ils ces gens, sérieux au point d’en être tristes, marchant les yeux baissés pour ne pas succomber à la tentation du monde ? Des gens à la démarche lente et sage pour ne pas dépasser le siècle et dont la bouche en cœur distille des propos mielleux, débordants de componction ?… Les saints sont-ils devenus des hommes poussiéreux à force de passer des heures en oraison et fleurant l’encaustique, l’antimite et les traditions immuables ?

Les caricatures ne manquent pas de ces personnes dévotes, pétries d’eau bénite, et de bonnes intentions, et qui sont comme des reproches vivants pour les misérables pécheurs que nous sommes !

Ces “tristes saints”, ennuyeux pour tout le monde, sont-ils ces “hommes nouveaux” créés par Dieu en Jésus-Christ ? Quel contraste avec les vrais saints pétris d’Évangile et reconnus par l’Eglise, des François d’Assise, passionné et passionnant, des Don Bosco, jeune et dynamique, des Benoît, bâtisseur d’Europe, des Vincent de Paul, révolutionnaire de la Charité, des Jeanne d’Arc, à la conquête virile, des Thérèse d’Avila, à la fougue joyeuse... et mille autres dévorés par l’amour du Christ, chantres de la Vie et du renouveau, poussés par le souffle de l’Esprit pour créer, bâtir, restaurer, agrandir le Royaume !

De l’air !… Qu’on redonne de l’air à la sainteté de tous les chrétiens. Qu’on les pousse vers la haute mer de la vie du monde, vers les tempêtes et les orages , vers les montagnes de la contemplation et les plaines du combat. Que tous les saints d’aujourd’hui, témoins joyeux de l’Esprit de Jésus qui les habite, soient présents à ce que vivent les hommes de notre temps là où les droits de l’homme sont bafoués, là où les petits pleurent sans espérance, là où l’invisible n’attend qu’un geste pour fleurir..

Que leur joie soit celle des pauvres de cœur, des doux, des pacifiques; que leur fécondité soit proportionnelle à leur union de sarment à la vigne; que leur discours soit signe percutant de la Parole; que leurs actes expriment la solidarité, le partage, l’amour de la vie...

Que les hommes du 21e siècle rencontrent enfin des saints libérateurs et non des empêcheurs de danser en rond; des saints trempés par le feu de l’Esprit et non par l’eau bénite; des saints heureux et non des rabat-joie; des saints tendres, généreux, enthousiastes, débordants de vitalité spirituelle, créatifs, novateurs...

Serons-nous ces saints-là, ceux de la cuvée 2017…. ?

Gaston Lecleir
« Rythmes et Spirales vers Dieu » Editions du Moustier

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26 octobre 2017

La Parole de Dieu, une source inépuisable

Nous proposons à votre réflexion un texte d'une qualité et d'une richesse exceptionnelles.
Il a été écrit au IVe siècle par le diacre saint Éphrem.

 

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Qui  est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, ô Dieu? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s'abreuvent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, tout comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l'étudient.

Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime. Et il a caché dans sa parole tous les trésors pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite. Sa parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert, qui devint pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle: « lls ont mangé un aliment spirituel, et ils ont bu un breuvage spirituel. » (1 Co 10, 3-4)

Que celui qui obtient en partage une de ces richesses n'aille pas croire qu'il n'y a dans la parole de Dieu que ce qu'il y trouve; qu'il se rende compte plutôt qu'il n'a été capable d'y découvrir qu'une seule chose parmi bien d'autres. Enrichi par la parole, qu'il ne croie pas que celle-ci est appauvrie; incapable d'épuiser sa richesse, qu'il rende grâces pour sa grandeur.

Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce que la richesse de la parole te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de son impuissance à épuiser la source. Mieux vaut que la source apaise ta soif, plutôt que ta soif n'épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.

Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne murmure pas pour ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'as pas pu recevoir aussitôt à cause de ta faiblesse, reçois-le à d'autres moments grâce à ta persévérance. N'aie l'impudence, ni de vouloir prendre d'un coup ce qui ne peut être pris en une fois, ni de t'écarter de ce que tu pouvais recevoir peu à peu.

Sources chrétiennes, no 121, pp. 52-53

«Tenir aux traditions
ce n'est pas pieusement
conserver les cendres,
c'est ajouter au feu toujours
de nouvelles bûches.»

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