17 mars 2018

« Bienheureux les pauvres en esprit ! »

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« Avoir une âme de pauvre c’est être dépossédé de soi, donc se laisser mettre en question par l’autre.»

Il ne s’agit évidemment pas de traduire les pauvres d’esprit !   « En esprit » veut dire : à la racine même, au cœur de l’être. La pauvreté en esprit est intérieure à l’amour.

L’amour sans pauvreté n’est pas l’amour (ceci est inintelligible si vous n’en faites pas l’expérience !). C’est pourquoi Dieu même est pauvre : il est étranger à l’avoir (Dieu n’a rien), car son mode d’exister c’est d’aimer.

Avoir une âme de pauvre (au sens où l’on parle de l’âme d’un violon : c’est sans doute la meilleure traduction de « pauvre en esprit »), c’est être dépossédé de soi, donc se laisser mettre en question par l’autre d’une part, et, d’autre part, se fier à lui pour son bonheur à soi.
Les deux phrases qui définissent le pauvre sont celles-ci : « Je te fais crédit » (Credo) – c’est la foi – et « je te charge de ma béatitude » - c’est l’espérance.

Appuyé sur la foi et sur l’espérance, le pauvre vit dans la charité : il peut servir, se mettre au service de l’autre et des autres, car il est désentravé.

La béatitude de pauvreté domine tout l'Évangile.

D’un bout à l’autre de la Bible, le pauvre de Yahvé est le serviteur de Yahvé : il est donc dans le Royaume : heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux. Etes-vous entrés dans cette expérience, dans ce style, dans ce type d’existence ?  Si oui, le Royaume est à vous.

Pour les autres, Jésus vous invite : si vous dites oui, le Royaume deviendra vôtre, c’est-à-dire la relation d’intimité avec Dieu.

La béatitude de pauvreté domine tout l’Évangile. Elle serait impensable si Dieu lui-même n’était pas pauvre, c’est-à-dire absolument étranger à l’avoir : Dieu n’a rien, il est tout. Celui qui est tout n’a rien. Et ce tout qu’il est, est un tout donné, il n’est qu’Amour.

François Varillon, extraits de ses conférences
cf "Joie de croire, joie de vivre", p. 58

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16 mars 2018

Repartir

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Repartir, ce n'est surtout pas revenir sur ses pas,
Repartir, ce n'est pas faire marche arrière.
Ce n'est pas revenir à son point de départ.
Repartir, ce n'est pas faire demi-tour
en effaçant les traces de ses propres pas.

Jamais tu ne repars comme tu es arrivé.
Jamais tu ne reviens comme tu es parti.
Jamais tu ne rentres comme tu es sorti.

Le voyage te change
Le voyage n'a pas été seulement
celui des kilomètres et des semaines.
Celui qui repart se remet en cause,
il se remet en histoire et en route.
Il renonce à rentrer dans ses pantoufles et ses habitudes.

Repartir, c'est affirmer que l'avenir existe, puisqu'on y va.
C'est croire qu'il existe un possible, puisqu'on y part.
Repartir, c'est prouver que tout n'a pas été dit.
Repartir, c'est croire qu'il existe encore un chemin, il est celui du cœur.

Repartir, ce n'est pas rapporter des souvenirs, mais des projets.
Repartir, ce n'est pas retrouver ses habitudes
et remettre les choses à leur place.
Repartir, ce n'est pas déclarer que tout est fini
et qu'il ne reste plus que des nostalgies.
Repartir, c'est, au contraire, vouloir que tout commence.

Celui qui repart a le cœur neuf.Celui qui repart suit le chemin d'un nouveau regard.
Celui qui repart ne sera plus jamais comme avant.
Celui qui repart se remet en mouvement.

Père Jean Debruynne

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12 mars 2018

Inventer sa journée

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« Le soir d’une journée où l’on a été semeur de paix, on s’endort heureux »
André Sève

Songez qu’en vous levant le matin, vous avez le pouvoir d’inventer votre journée.

Malgré les obligations, le programme, les impératifs de la vie quotidienne qui semblent restreindre votre liberté à la portion congrue, vous disposez malgré tout d’espaces de générosité, de gratuité, de spontanéité, de joies à partager ou à transmettre qui, dans le bilan de votre journée, compteront peut être d’avantage que l’exercice de responsabilités importantes.

D’une même journée, vous pouvez faire maintes choses : gagner beaucoup d’argent, donner beaucoup de temps, rencontrer beaucoup de gens.

Cependant, les actes qui feront notre sérénité le soir venu, ce sont les actes qui relient les êtres entre eux, qui font grandir la compréhension, l’amitié et la paix. Emile de Girardin disait joliment « qu’on a jamais perdu sa journée quand on contribué pour sa part à faire pénétrer dans une âme humaine un peu de gaieté et de lumière. »

François Garagnon

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09 mars 2018

Tu n'es pas seul en toi

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Tu n’es pas seul en toi, un dialogue est ta vie intime, une voix t’appelle, une présence te réclame. Quelqu’un se confie à toi, qui vaut mieux que toi. Ton cœur peut être un mur qui arrête la lumière. Qu’il soit plutôt le vitrail qui la laisse resplendir.

Tu te sens libre quand tout est clair en toi, quand ton âme est ouverte comme une basilique, quand ton être est tout élan vers un meilleur que toi. Moments très rares peut-être, mais d’autant plus précieux. Tu peux servir, illuminer tout être, susciter une terre nouvelle et de nouveaux cieux rien qu’en étanchant, dans le secret, aux sources vives de ton amour, cette soif infinie où se révèlent les abîmes de ton Dieu.

Beaucoup se demandent ce qu’il est, s’interrogent sur ses voies et se scandalisent des décisions qu’ils lui prêtent. Pour toi, si tu veux devenir sa nature, regarde ce qu’il opère en toi, ce que ta conscience te presse d’accomplir, cette exigence, qui jamais ne se relâche, d’une bonté toujours plus grande et d’un don toujours plus parfait ; aime, donne-toi sans calcul, laisse luire la lumière et fais fructifier ta joie.

Maurice Zundel

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08 mars 2018

Fêlure

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Kintsugi/Kintsukuroi ou la valeur de la fêlure : 
Ces mots japonais désignent l’art ancestral de réparer une poterie cassée avec de l’or.

Ainsi réparé, l’objet prend paradoxalement toute sa valeur d’avoir été brisé. Orné de sa cicatrice, il raconte son histoire et nous enseigne qu’un « accident » n’est pas une fin en soi, mais peut devenir le début de quelque chose de plus beau.

Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du xve siècle, le shogun Ashikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus esthétique. Cela relève d’une philosophie qui prend en compte le passé de l’objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu’il a pu connaitre. La casse d’une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d’un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s’agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.source

Source : "Mosaïque" Art-Thérapie Virtus

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