27 juillet 2017

Cultiver le temps de l'attente

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« Tout ce qui est exquis mûrit lentement. » Arthur Schopenhauer

Toute notre société est bâtie sur le culte de l’immédiateté. Tout doit être de plus en plus accessible et de plus en plus rapide. Le délai qui sépare un désir de sa réalisation est traqué impitoyablement, afin que la satisfaction ne soit pas reportée à un décevant “plus tard”.

L’époque n’a pas prévu un effet très pervers de cette recherche d’excellence dans la réactivité : c’est qu’en gommant le temps de l’attente, on a supprimé le temps du désir.

Une longue attente peut être considérée comme un supplice, mais c’est un délicieux supplice. Délicieux, non par masochisme, mais parce qu’en creusant le désir, nous accédons à une joie située sur la ligne de crête de l’intensité émotive.

Pour goûter la pleine saveur d’un mets, d’un événement, d’un être, il faut d’abord connaître le manque. « Qui est impatient n’aime pas » dit un proverbe italien. Un trop soudain plaisir est un plaisir médiocre qui nous laisse sur notre faim. La satiété conduit au dégoût.

Que ce soit dans nos relations humaines, dans nos rêves de réalisation personnelle, dans nos convoitises matérielles, dans nos désirs et nos projets, ne cédons pas une impatience coupable ; ne précipitons pas le temps des éclosions subtiles et des longs mûrissements. Ce temps-là n’est jamais du temps perdu. Cultivons le temps de l’attente comme un secret de joie durable.

Et souvenons-nous toujours que “tout ce qui est exquis mûrit lentement”.


François Garagnon
(Pensées Revigorantes - Edts Monte-Cristo)

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« Seigneur, donne-moi de cette eau » (Jn 4,15)
CULTIVONS L’ART D’ÉCOUTER ET D’ACCOMPAGNER
Ángel Fernández Artime, sdb Recteur Majeur

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25 juillet 2017

L'icône endommagée

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A moins de regarder une personne et de voir la beauté en elle, nous ne pouvons l'aider en rien.

On n'aide pas une personne en isolant ce qui ne va pas chez elle, ce qui est laid, ce qui est déformé.

Le Christ regardait toutes les personnes qu'il rencontrait, la prostituée, le voleur, et voyait la beauté cachée en eux. C'était peut-être une beauté déformée, abîmée, mais elle était néanmoins beauté, et Il faisait en sorte que cette beauté rejaillisse.

C'est ce que nous devons apprendre à faire envers les autres.

Mais, pour y parvenir, il nous faut avant tout avoir un cœur pur, des intentions pures, l'esprit ouvert, ce qui n'est pas toujours le cas... afin de pouvoir écouter, regarder et voir la beauté cachée.

Chacun de nous est à l'image de Dieu, et chacun de nous est semblable à une icône endommagée. Mais si l'on nous donnait une icône endommagée par le temps, par les événements, ou profanée par la haine des hommes, nous la traiterions avec tendresse, avec révérence, le cœur brisé. C'est à ce qui reste de sa beauté, et non à ce qui en est perdu, que nous attacherions de l'importance.

Ainsi, nous devons apprendre à réagir envers chacun...

Anthony Bloom, moine orthodoxe
extrait de la revue "Ombres et Lumière", n° 114, juin 1996

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23 juillet 2017

Dieu est croyant !

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Dieu est croyant. C’est-à-dire qu’il croit en l’homme. Qu’il ne cesse de se tenir au-dessus de toute bassesse. Il attend. C’est dire aussi qu’il est souverainement patient.

Dieu est Amour. C’est-à-dire Refus. Refus de se laisser circonvenir, empaumer par nos calculs. Refus par conséquent de la violence en son nom. De l’intolérance sous toutes ses formes (on est toujours le juif, le nègre ou l’hérétique de quelqu’un). Refus du meurtre en tout genre. A titre collectif ou privé. Par personne ou groupe social interposé. Par intérêt économique interposé. Par hypocrisie interposée assortie de péroraisons lénifiantes.

Pour Dieu il n’y a pas de raison d'Etat, de standing à maintenir. Pas d’intérêt d’Eglise non plus. Pas de boucs émissaires à trouver, de coupables à inventer pour justifier l’exercice du mépris et de la haine.

Dieu est liberté c’est-à-dire consentement mutuel ou partage. Il a le respect des corps autant que des âmes. Dieu est croyant. Il persévère à nous offrir une chance. A nous proposer la joie de vivre.

Catherine PAYSAN, écrivain.
Extrait de « Panorama »

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22 juillet 2017

La vie plus forte

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Une jeune fille qui a subi cent dix opérations chirurgicales m’écrit cette semaine: « Le danger, quand on souffre, c’est de se refermer sur soi... Tu connais ce mot de Claudel: « Le Christ n’est pas venu expliquer la souffrance, mais la remplir de sa présence ». C’est vrai, nous ne sommes jamais seuls. Le Christ est là, il nous tient par la main ».

« Si le grain ne meurt, il demeure seul. S’il consent à mourir, prodigieuse sera sa fécondité ». Souvent, hélas ! Ces paroles furent entendues dans un sens pervers. Comme si c’était la mort qui était précieuse et non le soulèvement de la vie. Certaines substances de la graine doivent s’offrir pour nourrir le germe, mais c’est la vie qui l’emporte. Le Christ a osé aimer jusqu’au déshonneur, jusqu’à la torture. Mais c’est cette qualité d’amour qui est vitale et non le déshonneur ni la torture.

Un jour, la question fut adressée à Jésus, brutalement, devant un aveugle de naissance: « Pourquoi ? Pourquoi lui ? Est-ce un châtiment du péché ? Le sien ? Celui de ses parents ?... » Jésus quitte le terrain des palabres inutiles. C’est trop absurde de discuter pendant qu’un homme souffre. Quel alibi pour se croiser les bras! On nourrit la révolte avec des mots. On ajoute au mal relatif un mal absolu: le désespoir. Jésus, lui, nous entraîne vers l’action qui, seule, délivre. Pour toute réponse, il le guérit.


Stan ROUGIER, prêtre, animateur et écrivain.
Extrait de « Comme une flûte de roseau », éd. Le Centurion

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Allez au bout de soi-même ...
faire reculer les km de la maladie.
Un défi... à encourager et à soutenir

13 juillet 2017

Une vie contemplative

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Le contemplatif est celui qui s'est risqué dans un désert de l'esprit au delà du langage, au delà des idées, en ce lieu où Dieu se trouve dans la simplicité de la confiance pure. Dès lors, le message du contemplatif ne sera pas de vous inviter à chercher votre voie dans la jungle du langage. Que vous le compreniez ou non, Dieu vous aime, il vit en vous. Il vous offre une lumière qui ne ressemble à rien de ce que vous avez pu trouver dans les livres ou entendre dans les sermons.

Le contemplatif n'a rien à vous dire si ce n'est pour vous rassurer, car si vous osez pénétrer votre propre silence, alors vous arriverez jusqu'à la lumière et à cette capacité de comprendre au delà des mots ce qui est trop proche pour qu'on l'explique.

Thomas Merton, moine cistercien

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