26 août 2017

Les fleurs que l'on choisit

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Si un botaniste se promène dans un pré, il choisit les fleurs selon un ordre précis, il sait ce qui l'intéresse et ce dont il se fiche éperdument: il décide, il rejette, il établit des relations.

Mais si c 'est un randonneur qui se promène, il choisit les fleurs d'une manière différente; l'une parce qu'elle est jaune, l'autre parce qu'elle est bleue, la troisième parce qu'elle est parfumée, la quatrième parce qu'elle est au bord du sentier.

Je crois que mon rapport au savoir a été comme ça.

Susanna Tamaro
" Va où ton cœur te porte " (p. 64-65 )

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25 août 2017

Le visage du Seigneur

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Il y a de cela longtemps, vivait en Sicile un moine du nom d’Épiphane. Un jour, il se découvrit un don qu'il ne connaissait pas: il savait peindre de très belles icônes.  Il n' en eut plus de répit  car il voulait peindre le visage du Seigneur.

Mais où trouver le modèle qui lui permettrait d'exprimer tout ensemble la souffrance et la joie, la mort et la résurrection, la divinité et l'humanité ?

Épiphane se mit en route. Il parcourut toute l'Italie, la France et l'Allemagne, scrutant tous les visages. 

Rien : il n' y avait pas de visage qui permît de représenter le Christ. Un jour, fatigué, il s'endormit en se répétant les paroles du Psaume :  "Je cherche, Seigneur, ton visage.  Montre-moi ton visage ".

Il fit un rêve. Un ange lui apparut et lui fit revoir les personnes qu'il avait rencontrées. Sur chacun de leur visage, il indiquait une particularité qui le rendait semblable à celui du Christ : la joie d'une jeune épouse, l'innocence d'un enfant, la force d'un paysan, la souffrance d'un malade, la peur d'un condamné, la bonté d'une mère, l'effroi d' un orphelin, la sévérité d'un juge, l'allégresse d'un bouffon, la miséricorde d'un confesseur, le mystère sur le visage bandé d'un lépreux .

Épiphane rentra dans son couvent et se mit au travail. Un an plus tard, l'icône du Christ était prête. Il la présenta à son Abbé, qui en resta stupéfait : elle était merveilleuse ! Celui-ci voulut en connaître le modèle pour le présenter à d'autres artistes du monastère.

Le moine répondit : " Personne, Père , ne m'a servi de modèle, car personne n'est identique au Christ, mais le Christ est semblable à tous. Ne cherchez pas le visage du Christ sur le visage d'un seul Homme, mais cherchez en chaque Homme un fragment du visage du Christ. "

- in : revue KERIT n° 113, nov , déc . 1993 -

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24 août 2017

L'amour n'est pas tout fait

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L'amour n'est pas tout fait
Il se fait.

Il n'est pas robe ou costume prêt-à-porter,
Mais pièce d'étoffe à tailler, à monter, à coudre.

Il n'est pas appartement, livré clefs en main,
Mais maison à concevoir, à bâtir,
entretenir et souvent réparer.

Il n'est pas sommet vaincu,
Mais départ de la vallée, escalades passionnantes, chutes dangereuses,
dans le froid de la nuit ou la chaleur du soleil éclatant.

Il n'est pas un solide ancrage au port de bonheur,
Mais levée d'ancre et voyage en pleine mer,
dans la brise ou la tempête.

Il n'est pas "oui" triomphant,
énorme point final qu'on écrit en musique,
au milieu des sourires et des bravos.

Mais une multitude de "oui" qui pointillent la vie,
parmi une multitude de "non" qu'on efface en marchant.

Ainsi être fidèle, vois-tu, ce n'est pas :
ne pas s'égarer, ne pas se battre, ne pas tomber,
c'est toujours se relever et toujours marcher.
C'est vouloir poursuivre jusqu'au bout
le projet préparé ensemble et librement décidé.

C'est faire confiance à l'autre au-delà des ombres de la nuit.
C'est se soutenir mutuellement au-delà des chutes et des blessures.
C'est avoir foi en l'Amour tout-puissant, au-delà de l'amour.

Michel Quoist 

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23 août 2017

Les fruits de ma vie

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"La terre a donné son fruit..." (Psaume 66)

Les actes que j'accomplis, les paroles que je prononce,
les comportements que je mets en œuvre régulièrement,
les manières de penser qui structurent mes jugements
sont les fruits de ma vie.

On peut les voir, on peut les toucher.

Vivre, c'est produire des fruits.
On regarde une vie selon ses fruits.
Une vie prend sens selon ses fruits.
C'est tout ce qui restera de nous.

Il y a des fruits qu'on cueille pour s'en nourrir et s'en réjouir.
Il y en a d'autres qui sont inutilisables parce qu'ils sont sans saveur et rabougris.
Il y a des fruits qui soutiennent l'existence et fournissent l'énergie nécessaire pour avancer.
Il y en a qui embellissent les jours. Il y en a qui font désespérer.
Il y a des fruits avec lesquels on savoure la joie de vivre.
Il y en a d'autres qu'on recrache parce qu'ils empoisonnent l'existence avec leur goût de pourriture.

Qu'est-ce qui pousse sur l'arbre de ma vie?

Pour tout humain il reste toujours à se poser cette question!
Car une vie se regarde à ses fruits!

Comme croyant au Christ, cette question m'accule à une précision accrue:
Quels sont donc les fruits d'Évangile qui poussent sur l'arbre de ma vie?

C'est alors que nous prenons conscience de notre péché, car notre péché,
c'est d'éloigner notre vie du Christ et de laisser proliférer des fruits,
dont la couleur, le goût n'ont rien à voir avec l'Évangile, avec l'amour de Dieu et de nos frères.

Vois Seigneur, les fruits de notre vie!
Ils ne sont pas tous beaux, ni bons.
Ne tiens pas compte seulement de ceux-là, qui sont notre péché,
mais regarde aussi ceux qui sont notre fierté
et qui ont poussé grâce à ton aide sous le soleil de l'Évangile.

Vois l'arbre de notre vie, Seigneur!
Nous aimerions tellement qu'il grandisse et produise de beaux fruits d'humanité et d'Évangile.

Seigneur, notre arbre a besoin de ta patience et de ta tendresse.

Charles Singer
"Terres" - Edts du Signe

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21 août 2017

La joie du pardon

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Ce qui est saisissant dans l'Évangile, c'est le pardon, celui que Dieu donne, et celui qu'il nous invite à nous donner les uns aux autres. En Dieu, nulle volonté de punition. Tout lui confier, jusqu'à l'inquiétude. Alors nous nous découvrons aimés par lui, réconfortés, guéris.

L'Évangile contient des paroles qui coupent le souffle : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous font du mal. » Aimer et pardonner : là se trouve une des sources de la joie. Quand nous pardonnons, notre vie se met à changer. Les sévérités elles-mêmes font place à une infinie bonté. Qui aspire à vivre du pardon cherche plus à écouter qu'à convaincre, plus à comprendre qu'à s'imposer.

Pour ma part, dans ma jeunesse, en cette période où il y avait tant de déchirures à travers le monde, je m'interrogeais : pourquoi ces jugements, ces oppositions entre les humains, entre les chrétiens eux-mêmes ? Un jour que je peux dater, dans la lumière tamisée d'un soir de fin d'été, alors que les ombres descendaient sur la campagne, je me dis : commence par toi-même, engage-toi à ne pas porter de jugements sévères, cherche à comprendre plutôt qu'à être compris, et tu y trouveras une joie. J'avais à peu près dix-sept ans. Ce jour-là, j'eus l'espérance que cette résolution vaudrait pour toujours.

Frère Roger

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