05 février 2018

Comme une terre lointaine

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« N’oublie pas qu’avant d’être un « proche », l’autre ressemble peu à peu à une terre lointaine. Il convient de l’aborder comme un pays dont on doit respecter la langue étrangère, les us, les coutumes, les paysages familiers et les climats changeants, le jardin secret, la souveraineté. Il s’agit donc d’acclimater ton savoir à une réalité parfois déroutante, en tout cas fondamentalement différente de la tienne, en cherchant à t’adapter à l’autre, à le comprendre dans sa nécessité intérieure, à l’apprivoiser où à le rejoindre. Autant dire que pour aborder ce pays de l’autre, tes bagages, tes grilles d’analyses tes jugements coutumiers et tes habitudes te seront de peu d’utilité. « En réalité, tout se passe comme si habiller une relation exigeait d’abord que l’on se dépouille soi-même. »

« Cette idée de dépouillement radicale nous ramène au désert. Il faut accepter d’aborder l’autre comme un vaste territoire inconnu : parfois sans point de repère, sans garantie et même sans chemin tracé. Sans a priori, ni attente prédéfinie. Juste avec la passion de découvrir un « lieu » singulier qui peut devenir un « lien » unique. »

François Garagnon
Extraits du livre « Le maître des liens inaltérables »

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03 février 2018

Un miracle de chaque instant

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L'Homme devient un miracle de chaque instant dès que l'on perçoit l'esprit frémir sous la chair, comme la source invisible parmi les herbes hautes, l'âme illuminer le visage d'une clarté d'aube, douce et puissante à la fois.

Nous ne sommes pas seulement pétris de glaise. Par la flamme qui nous habite nous tendons vers le haut. Un souffle aérien soulève la masse, l'allège comme le levain enfoui dans la pâte solide.

Chaque fois que l'Homme affine sa sensibilité, sa part d'éternité s'accroît, le ciel en lui grandit, sa chair se fait plus transparente.

Philippe Mac Leod
extrait - L'infini en toute vie

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27 janvier 2018

Les capitaux que Dieu préfère

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Il y a les capitaux financiers, le capital intellectuel,
Les capitaux industriels, le capital culturel...
Mais y a-t-il un capital de cœur ?
Est-il vrai Seigneur que ce dernier pèse plus lourd
Dans la banque de ton Royaume ?

Il y a les surdoués en affaires,
Les surdoués en électronique et en mathématique,
Les surdoués en sports...
Est-il vrai Seigneur que tu préfères, surtout,
Les surdoués du cœur ?

Est-il vrai Seigneur, qu'à tout homme,
Diplômé des grandes écoles ou balayeur du métro,
Blanc ou noir, pratiquant une religion ou pas,
Malade ou bien-portant, jeune ou vieux,
Superstar ou inconnu, citadin ou paysan,
Tu ne poseras qu'une seule question, au soir de sa vie :
Qu'as-tu fait de ton capital d'amour,
De cette capacité d'aimer,
De cette étincelle de ma propre vie,
Que je t'avais confiée pour la faire fructifier ?

Pourquoi as-tu enfoui cet amour qui devait permettre à tes frères
Affamés d'amour, assoiffés de justice, paumés, prisonniers,
Étrangers, d'exister, de grandir, d'espérer ?

Seigneur, aide-nous à ne pas enterrer ce trésor,
À faire fructifier notre capital d'amour,
Le seul à ne jamais se dévaluer sur terre et dans ton éternité.

Michel HUBAUT - Prier les Paraboles

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19 janvier 2018

Le petit garçon qui aimait dessiner

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Un matin, alors que le petit garçon était à l’école depuis un certain temps, la maîtresse dit : « Aujourd’hui, nous allons faire un dessin ». Il aimait faire des dessins. Il savait en faire de toutes les sortes : des lions et des tigres, des poules et des vaches, des trains et des bateaux. Et il prit sa boîte de crayons et commença à dessiner.

Mais la maîtresse dit : « Attendez ! Ce n’est pas le moment de commencer ! » et elle attendit jusqu’à ce qui tout le monde ait l’air prêt.

« Maintenant, dit la maîtresse, nous allons faire des fleurs ». Chic ! pensa le petit garçon, il aimait faire des fleurs, et il commença à en faire des magnifiques avec ses crayons rose et orange et bleu.

Mais la maîtresse dit : « Attendez ! Je vais vous montrer comment faire ». Et elle fit une fleur rouge avec une tige verte. « Voilà, dit la maîtresse, maintenant vous pouvez commencer ».

Le petit garçon regarda la fleur dessinée par la maîtresse. Puis il regarda ses fleurs à lui. Il aimait mieux ses fleurs que celle de la maîtresse mais ne le dit pas. Il retourna simplement son papier et il fit une fleur comme celle de la maîtresse. Elle était rouge avec une tige verte.

Et bientôt le petit garçon apprit à attendre, à bien regarder et à faire des choses juste comme la maîtresse. Et bientôt, il ne fit plus de choses de lui-même du tout.

Il arriva que le petit garçon et sa famille déménagèrent dans une autre maison, dans une autre ville, et le petit garçon dut aller dans une autre école.

Cette école était encore plus grande que l’autre et il n’y avait pas de porte pour aller directement de dehors dans sa classe. Il devait monter, monter des grandes marches et marcher le long d’un grand corridor pour arriver à sa classe.

Et le premier jour où il était là, la maîtresse dit : « Aujourd’hui nous allons faire un dessin ». Chic ! pensa le petit garçon et il attendit que la maîtresse dise quoi faire. Mais la maîtresse ne dit rien. Elle se promena simplement autour de la classe.

Quand elle arriva près du petit garçon, elle dit : « Tu ne veux pas faire un dessin ? ». « Si, dit le petit garçon, qu’allons-nous faire ? » « Je ne sais pas, avant que tu le fasses, dit la maîtresse ».

« Comment vais-je faire ce dessin ? », demanda le petit garçon. « Oh, vraiment comme tu veux ! », dit la maîtresse. « Et avec n’importe quelle couleur ? », dit le petit garçon. « Si tout le monde faisait le même dessin, comment saurais-je qui a fait quoi ? et lequel est à qui ? », dit la maîtresse. « Je ne sais pas », dit le petit garçon.

Et il commença à faire une fleur rouge avec une tige verte.

Helen E. Buckley

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17 janvier 2018

Le Christ revient sans cesse

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Christ revient sans cesse avec les personnes en détresse

Il fut un temps où l’on attendait le messie; il devait venir pour tout arranger, tout allait changer pour le mieux. Ce messie est venu et on ne l’a pas reconnu. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas répondu à nos attentes …

Le Christ ne cesse de venir, il ne cesse de venir jusqu’à nous, certes de manière incognito, mais pourtant tout à fait reconnaissable puisqu’il vient à nous sous la figure de l’homme et de la femme en détresse.

Le Christ est venu il y a deux mille ans pour nous apprendre qu’il ne cesse de venir en s’identifiant à celles et ceux qui manquent de nourriture, d’attention et d’amour. Il est de coutume de dire que le Christ reviendra à la fin des temps; mais cette conception est naïve et, pour tout dire, assez fausse…

Le testament du Christ ne nous demande pas de l’attendre mais de le recevoir dans la personne de celui qui souffre. Ou, s’il convient de désirer la venue du Christ, son attente n’est pas autre chose que notre vigilance à le rencontrer tous les jours, lorsque nous acceptons de fendre la cuirasse de notre égoïsme. Il faut donc le dire avec force: il n’y a pas d’autre venue du Christ à espérer que celle-là, quotidienne, en quelque sorte ordinaire.

Frère Dominique Collin

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