17 juin 2013

Parlons-yeux

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Et dès lors sans brutalité
- se jurait le petit poète -
Du bleu de ma plume secrète
A lent tempo d'Eternité,
Je désarmerai l'âpreté
De tout prêcheur qui, faux prophète,
Bouche-claironne à casse-tête
Le tocsin de sa vérité.

J'irai cueillir la transparence
En un Au-Delà de Silence
Et, pour ensoleiller nos yeux,
J'inventerai des mots Lumière
Qui diront la langue des Cieux
Au clair d'un regard en prière.

Marie-Claude Pellerin

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11 juin 2013

Des ratures en bas de page

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Nos vies comportent des ratures en bas de page.
Ce sont des brouillons.
Difficile de tenir la plume bien droite.
Il y a des méandres. Des passages sinueux.
Nous tardons à voir la lumière.
Et lorsqu’elle nous rejoint,
Le manuscrit est déjà bien avancé.

Nos vies comportent des ratures.
Nous peinons parfois à deviner l’espoir.
Alors qu’il est le sujet du livre.
Que nous ébauchons chaque jour. 

© Patrick Chemin

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08 juin 2013

Nomades

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Notre écriture à nous, au Hoggar,
est une écriture de nomades
parce qu'elle est tout en bâtons
qui sont les jambes de tous les troupeaux.
Jambes d'hommes, jambes de méhara,
de zébus, de gazelles,
tout ce qui parcourt le désert.

Et puis les croix disent
si tu vas à droite ou à gauche.
Et les points, tu vois,
il y a beaucoup de points.
Ce sont les étoiles

pour nous conduire la nuit,
parce que nous, les Sahariens,
nous ne connaissons que la route,
la route qui a pour guide, tour à tour,
le soleil et puis les étoiles.
Et nous partons de notre cœur,
et nous tournons autour de lui
en cercles de plus en plus grands,
pour enlacer les autres cœurs
dans un cercle de vie, comme l'horizon
autour de ton troupeau et de toi-même.

(Transcription d'un poème touareg)

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04 juin 2013

Le marcheur

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Pour celui qui gravit la montagne
il est déplacé de se prétendre le meilleur ou le seul
mais il est sage de se concentrer sur son pas

la rumeur importe peu
pour celui qui est au plus pur de l'écriture
peu importe son nom il écrit pour nous tous

écrire est un chemin dans la montagne
toute une vie ne suffit pas pour atteindre le sommet
mais le bonheur du jour est là présent dans la connaissance
conscient de la douleur humaine
conscient de la beauté du monde

vivre est ce passage abrupt
de la douleur à la beauté
de l'extase à l'impuissance
du silence à la sérénité
écrire concilie tous ces paysages
dans le regard du marcheur

© Patrick Chemin (1993)

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07 mai 2013

Nos jeux d'enfants.

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 (une toile de Régine Gineste)

Quand petits nous jouions parfois à la marelle
Au gendarme et voleur, ou bien à nous cacher
Lorsqu'à Colin Mayar nous marchions à l'appel
Ou lorsque tous ensembles faisions un chat perché

Nous ne le savions pas mais dans nos jeux d'enfants
Nous apprenions la vie avec tous ses obstacles
Les choses autorisées, ce que l'on nous défend
La chance que parfois nous appelons miracles.

Marcher les yeux bandés m'arrive encore parfois
Lorsque je me demande vers où me diriger
Au gendarme au voleur dans le respect des lois
Je joue à chaque jour, au respect obligé.

A cache-cache je joue peu, j'aime les choses claires
Pas les sous-entendus, pas les choses secrètes
J'aime ce que je fais exposer au plein air
Seule pour moi la pudeur sachant rester discrète.

Je n'aimais pas les billes, il fallait pousser l'autre
Ce jeu qui ne vous donne jamais la bonne place
Et pourtant aujourd'hui dans la vie qui est nôtre
Ce jeu est à l'échelle de la lutte des classes ;

Un seul jeu m'avait plu à mon adolescence
C'était celui nommé : A papa et maman
Qui nous faisait gouter des baisers l'importance
Et des premiers émois, l'angoisse et les tourments.

Vous voyez tous les jeux que vous faisiez enfants
Etaient l'apprentissage aux choses de l'avenir
Car même avec le temps nous restons ces enfants
Qui croient au fil des jours adultes devenir.

André. M.

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