03 août 2016

L'arbre

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L'arbre ne demande pas à ses branches
De se liguer les unes contre les autres
Pour atteindre le ciel
Il se contente de les laisser croître
Quelle que soit sa taille
Il se sait déjà liberté
Ne faisant qu’un avec Cela
Qu'il lui reste à devenir
L'homme reste trop près de lui-même
De ses feuillages et de ses croyances
Il ne cesse de se hausser
De fustiger ce qu’il ignore
De se prendre pour ce qui le dépasse
Il connaît si peu de ce Rien
Dont il se croit pourtant
Le plus proche
Ce fil léger de la Vie
Courant des racines à la cime.

Jean Lavoué
www.enfancedesarbres.com

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13 juillet 2016

A l'école du silence

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Je me suis mis à l’école du silence
Sur le tableau noir des années
Je délie ses voyelles
Je partage son chant
J’écoute sa beauté
L’arbre et l’oiseau
La pierre et le ruisseau
La lune et le nuage
La fleur et le chemin
En savent infiniment plus que moi
Sur sa ferveur intime
Et sur son doux secret
J’aime leurs voies buissonnières
Je respire avec eux
Je fredonne tout bas
Je m’initie à leurs côtés
Je fausse compagnie aux bruits
Je cherche obstinément
L’espace inattendu
Le soleil immobile
La présence attentive
Qui partout irradient.

Jean Lavoué
www.enfancedesarbres.com

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25 mai 2016

Les naufragés de l'Alzheimer

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J'aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée

J'aime ces gens étranges
A la mémoire trouée
Qui échangent des bribes
De leurs vies effacées
Voyageurs sans papiers
Sans qualification
Ils sont ce que nous sommes
Et nous leur ressemblons

J'aime ces gens étranges
Qui repèrent la fausseté
Des gestes et des paroles
Réclament l'amour vrai
Carburent à la tendresse
Négligent tout le reste
Ils sont vérité nue
Ils aiment ou ils détestent

J'aime ces gens étranges
Qui ont le mal d'enfance
Comme le mal du pays
Qu'ils chercheraient en silence
Derrière l'apparence
De leur mémoire perdue
Leurs corps parlent une langue
Que nous n'entendons plus

Julos Beaucarne.

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09 avril 2016

Ces âmes blanches

A Esther...
En union avec Lucie L. et toute sa famille.

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Ces âmes blanches
Qu’on veille
Dans le petit matin des hôpitaux
Le dimanche

Quel jour était la veille ?
Quel jour sera demain ?
L’instant présent s’étire
A l’infini

Ces âmes blanches
Ces corps de longtemps
Qui ont usé la mer grande
Du temps

Tout est vertical
Dans la musique concrète
Des imageries médicales
Où la rumeur s’apprête

Le temps est différent dans les hôpitaux
Il ne se passe rien
Et soudain
Passe le destin

La prière est précaire
Pour le Dieu des enfances
Lui demander en toute innocence
La présence d’un ange solitaire

Dans ton paradis
Accueille ces fragiles vieillesses
Ces âmes fatiguées
Donne-leur nouvelle jeunesse

Ces âmes sur lesquelles on veille
Ces mains
Qui partent immobiles
Sur le blanc chemin

Et puis presque un soulagement
De savoir que la souffrance
Quitte la chambre
Pour une autre distance

Ces âmes sur lesquelles on veille
Qui veillaient sur nous
Dans les nuits de l’enfance

© Patrick Chemin
Le 18 mai de 2013

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14 décembre 2015

Au commencement de ma vie

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Au commencement de ma vie, il y avait moi,
Et peu de chose vivait vraiment
Et moi-même, je ne savais pas encore
si mon existence était une vie ou une survie.

Et un jour, Dieu dit :
Faisons pour l'homme un appel à la confiance
Et Dieu créa pour moi la confiance en l'autre.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le premier commencement.

Puis Dieu dit :
Lançons pour les hommes un appel à l'espérance
Et Dieu créa pour moi la joie du service des autres
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le deuxième commencement.

Et puis Dieu dit :
Faisons pour les hommes un appel au pardon,
de celui que l'on donne, de celui que l'on reçoit.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le troisième commencement.

Alors Dieu dit :
Créons pour les hommes la possibilité de se transformer de l'intérieur
Dieu fit pour moi le projet de vivre vraiment
selon mon inspiration la plus profonde,
selon mon coeur et la vérité vraie.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le quatrième commencement.

Et puis Dieu dit :
Créons pour les hommes l'envie de vivre en nomade
d'aller de points d'eau en lieux de ressourcement.
Dieu fit pour moi des témoins, des grands vivants,
de ceux-là qui donnent envie de vivre.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le cinquième commencement.

Et Dieu dit :
Créons pour l'homme le mystère de sa propre vie,
qu'il sache qu'il est plus grand que ce qu'il pense être,
qu'il est précieux pour moi
que j'ai foi en lui.
Et Dieu créa la foi comme naissance,
comme accouchement de soi-même
pour devenir vivant, pour faire vivre les autres.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le sixième commencement.

Alors Dieu dit:
Allons dire aux hommes que tout ce que je dis, je le fais.
Donnons-lui la preuve que mon projet de vivant
se réalise pour eux aujourd'hui.
Faisons jaillir de toutes leurs morts une vie nouvelle,
une autre possibilité de naissance.
Alors Dieu répondit à la confiance de Jésus.
Il y eut sa mort, il y eut sa vie
Et Dieu vit que tout cela était vraiment bon.

Guy Cordonnier, prêtre

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