21 janvier 2011

Tous des Saints : quelle belle espérance ! (4/4)

Partie 4

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Le summum de notre marche à la sainteté


La douceur, " fleur de la charité ", alliée de l'humilité

Pourquoi ce titre ? Pourquoi dire que la douceur est alliée de l'humilité ? Saint François de Sales nous en donne lui-même la réponse : " L'humilité rend notre cœur doux ". En effet, de l'humilité découle toute vertu comme de l'orgueil découle tout péché. " Notre-Seigneur est si amoureux de l'humilité qu'il met au hasard que nous perdions toutes les autres vertus pour conserver celle-ci " Et que la douceur aille de pair avec l'humilité, comment en douter, notamment en considération des efforts constants de notre saint pour acquérir cette douceur que l'on retient de lui ?

" Il faut bien toujours tenir ferme en nos deux chères vertus, la douceur envers le prochain et la très aimable humilité envers Dieu… ", nous enseigne-t-il encore. De fait, cette humilité, " grand secret pour entretenir une bonne dévotion ", est la clef de notre fidélité à Dieu.


La tentation du découragement

Certains peut-être seraient tentés par le découragement, tentés de se dire 'trop dur pour moi' ! Saint François de Sales vient alors nous soutenir pour que nous puissions " tenir ferme ". Ainsi écrit-il à une carmélite : " Je vous dis que vous serez fidèle si vous êtes humble. Mais serai-je humble ? Oui, si vous le voulez. Mais je le veux. Vous l'êtes donc. Mais je sens bien que je ne le suis pas. Tant mieux, car cela sert à l'être plus assurément. " Nous pouvons encore l'entendre nous enseigner : " Ne retournez point vos yeux devers vos infirmités et insuffisances sinon pour vous humilier, et non jamais pour vous décourager ".


L'humilité vécue du saint

Nous pouvons prendre ici exemple du saint évêque lui-même, dont l'humilité était remarquable. Et pour s'en assurer, relisons ce qu'il écrivait un jour à sainte Jeanne de Chantal : " Ma chère Fille, j'écrirai à Monsieur votre beau-père selon votre désir ; mais vous n'écrivez pas selon le mien, ni à ma mère, ni à Mme de Charmoisy, quand vous dîtes 'notre bon et saint Evêque' ; car, en lieu que ces bonnes femmes devraient lire sot Evêque, elles lisent saint Evêque. " Comment ici ne pas penser à un autre saint, le saint curé d'Ars, qui lui aussi se qualifiait lui-même de sot ? Vraiment, l'humilité est première des vertus, commune à tous les grands saints. Et une vertu " discrète ", la vertu du simple : " Pour l'extérieur, n'affectez pas l'humilité visible, mais ne la fuyez pas aussi " ; c'est somme toute être humble par nature, sans feindre ni exagérer… Et c'est savoir y trouver son bonheur, car être humble est être tout à Dieu et tout pour Dieu : " Tenez-vous donc joyeusement humble devant Dieu ", nous exhorte le saint évêque.

Voilà sommairement les principales vertus qu'il nous faut entretenir : abandon de soi, simplicité, douceur, humilité… Pleinement vécu, paix, bonheur, accomplissement de soi et surtout céleste héritage en seront la clef.


Conclusion

Pour conclure ce bref exposé de la spiritualité de François de Sales, qui n'est cependant qu'un petit aperçu bien loin de pouvoir transmettre toute la richesse de la pensée de ce saint, nous pouvons de nouveau derrière lui exhorter chacun à persévérer dans l'accomplissement de son devoir. " Il faut avoir un cœur de longue haleine ; les grands desseins ne se font qu'à force de patience et de longueur de temps ; les choses qui croissent en un jour se perdent en un autre. Courage donc " ! Quel plus grand dessein que celui d'être saint ? Alors, suivons la voie qui nous est proposée, simplement, humblement, en sachant mettre de côté nos " terrestres " aspirations pour n'écouter que la divine volonté. Suivez doucement mais fermement le chemin que vous ouvre saint François de Sales et " faites honneur à notre dévotion ; rendez-la fort aimable à tous ceux qui vous connaîtront, mais surtout à votre famille ; faites que chacun en dise du bien ".

Sachons retourner à l'essentiel, et ne pas nous attacher au superflu. Rendons grâce à Dieu pour ce que nous sommes et ce qu'Il nous donne. " Ne sommes-nous pas trop heureux de savoir qu'il faut aimer Dieu et que tout notre bien gît à le servir, toute notre gloire à l'honorer ? Ô que sa bonté est grande sur nous ! "

 

 

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20 janvier 2011

Tous des Saints : quelle belle espérance ! (3/4)

partie 3

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La nécessaire simplicité


Le manque d'honnêteté

" Nous disons maintes fois que nous ne sommes rien, que nous sommes la misère même et l'ordure du monde ; mais nous serions bien marris qu'on nous prît au mot et que l'on nous publiât tel que nous disons " ! Eh oui ! Qui d'entre nous n'a jamais fait de fausse humilité ? Qui d'entre nous ne s'est jamais lamenté sur la petitesse de l'homme, ou sur le superflu de notre condition ? Et pourtant, nul ne le fait bien sincèrement ! Saint François de Sales nous demande ici d'être honnête avec nous-même, et de nous accepter simplement, tels que nous sommes. " Ne rien demander, ne rien refuser ", accomplir ce que nous devons faire en toute simplicité.

Que nous faut-il entendre par 'simplicité' ?

 

Simplicité extérieure

Déjà, voyons ce qu'il ne faut pas entendre ! D'abord, simple ne veut pas dire négligé : " Soyez propre, Philotée ; qu'il n'y ait rien sur vous de traînant et mal agencé ; c'est un mépris de ceux avec lesquels on converse d'aller entre eux en habit désagréable ".

Cela ne veut pas dire non plus qu'il faille renoncer à être ce que nous sommes, c'est-à-dire exagérer notre dépouillement extérieur, bien souvent au détriment du reste. De fait, le saint évêque a toujours enseigné à respecter les devoirs de sa condition, ainsi que le montrent ces remontrances qu'il fait à Mme de Charmoisy : " il faut que je me courrouce un peu avec vous, parce que mon neveu n'est pas habillé convenablement à sa qualité, ni au service auquel il est. […] Il n'y a remède, ma très chère Fille, il faut suivre les lois du monde, puisqu'on y est, en tout ce qui n'est pas contraire à la loi de Dieu ". Voilà qui est clair. Il faut bien entendu rappeler ici que saint François de Sales est contemporain de la Réforme, qui insiste grandement sur le dépouillement extérieur. Lui, ardent défenseur de l'Eglise catholique, déclare bien justement : " je n'ai jamais pu approuver la méthode de ceux qui pour réformer l'homme commencent par l'extérieur, par les contenances, par les habits, par les cheveux. Il me semble au contraire qu'il faut commencer par l'intérieur ". Rénover d'abord l'intérieur, voilà en effet le plus important.

Il ne faut toutefois pas s'imaginer que saint François de Sales encourage le luxe ou les 'fioritures' ! Pour preuve, considérons la manière dont il reprend la baronne de Chantal au début de leur amitié, pour lui faire ôter parures et autres bijoux…

Extérieurement, simple est synonyme de convenable.


Simplicité intérieure

Mais la simplicité extérieure ne suffit pas, et n'est même pas le plus important, comme nous l'avons vu. Il faut être simple intérieurement d'abord, pour notre plus grand bien. En effet, " on ne possède jamais tant d'honneur qu'en les méprisant ", nous enseigne le saint évêque. De fait, il faut savoir vivre simplement, faire les choses simplement et être simple en toutes choses… Etre simple, c'est aussi être tout à tous. " J'approuve que l'on s'abaisse quelquefois à des bas services, même à l'endroit des inférieurs… " Mais ce ne doit pas être un abaissement " affecté ", et de fait saint François de Sales ajoute aussitôt : " Mais que ce soit toujours naïvement et joyeusement ", naïvement, et nous rejoignons ici l' " abandon " qui nécessite un certain esprit d'enfance, et joyeusement, car tout est grâce et n'est-ce pas joie que de suivre la divine volonté ?

De fait, cela suppose un certain dégoût des mondanités, que le saint évêque n'avait de cesse de condamner, et lui même nous en montre l'exemple. Ainsi, alors que tout homme tirerait un certain plaisir, pour ne pas dire orgueil, à côtoyer les grands de ce monde, nous pouvons relire ces quelques mots de saint François de Sales à sainte Jeanne de Chantal, lui commentant une prédication devant la Cour de France lors de son troisième voyage à Paris : " j'ai prêché ce matin devant la Reine et tout son beau monde ; mais en vérité, je n'ai pas prêché avec plus de soin, plus d'affectation ni plus de plaisir qu'en ma pauvre petite Visitation. Ah ! ma Fille, que la vive présence du Roi et de la Reine du Ciel fait bien éclipser devant les yeux de notre cœur toutes autres grandeurs de la terre ! " Suprême simplicité de celui qui sait où trouver l'essentiel, qui sait se contenter en lui, et ne s'attacher à aucune gloire ici-bas ! Saint François de Sales s'est fait l'interprétation vivante de cette exhortation de l'épître aux Romains : " n'ayez pas le goût des grandeurs mais laisser vous attirer par ce qui est simple " (Rm, 12), et tout son enseignement n'a de cesse de nous le rappeler.

Abandon de soi, simplicité… Voilà de quoi nous façonner spirituellement, voilà de quoi être modelé par le Bon Dieu, comme une " boule de cire " entre ses mains.


à suivre

 

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19 janvier 2011

Tous des Saints : quelle belle espérance ! (2/4)

Partie 2

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S'abandonner en la divine volonté

La juste observance des commandements divins

" Il faut avant toutes choses observer les commandements généraux de Dieu et de l'Eglise, qui sont établis pour tout fidèle chrétien, et sans cela, ajoute-il, il n'y peut avoir aucune dévotion au monde : cela, chacun le sait ".

Voilà certainement l'élément le plus important de la spiritualité salésienne : l'obéissance, et au delà savoir abandonner sa volonté propre en la divine volonté. Bien sûr, cela semble bien étrange à l'heure actuelle, où l'on encourage chacun à " s'épanouir " en lui-même et pour soi-même ! Et de fait, s'abandonner en la divine volonté n'est pas un chemin de facilité : " Il faut fourrer notre cervelle entre les épines des difficultés et laisser transpercer notre cœur de la lance de la contradiction ; boire le fiel et avaler le vinaigre… Puisque c'est Dieu qui le veut ", nous enseigne saint François de Sales. C'est même certainement plus difficile à vivre pleinement que toute mortification extérieure, car cet esprit d'abandon nécessite un abaissement de soi, une humilité pour tout dire, peu commune aujourd'hui.


Vouloir abandonner sa volonté

Mais peu commune ne signifie pas impossible. En fait, la condition première est d'abord de le vouloir, et c'est cette volonté d'abandonner sa propre volonté qui manque bien souvent ! C'est cette obéissance aux divins commandements qui manque bien souvent ! Peut-être parce que nous croyons que c'est en franchissant l'interdit que nous nous exprimons pleinement ; mais nous ignorons alors grandement combien il est parfois bon de se laisser conduire, par simple velléité d'indépendance. " De cent mille fruits délicieux, Eve choisit celui qu'on lui avait défendu, et sans doute que si on le lui eût permis elle n'en eût pas mangé " ! Saint François de Sales montre ici bien justement la réalité. Nous refusons bien souvent volontairement tout esprit d'obéissance, et c'est alors que nous nous enchaînons.

En effet, c'est en sachant renoncer à soi-même pour être tout à Dieu, pour nous laisser conduire selon la divine volonté, que nos chaînes se rompent et que nous acquérons une pleine liberté. Dieu ne veut-il pas notre bien, et n'est-il pas celui qui sait le mieux où trouver notre bien et notre bonheur ? C'est ainsi que le saint évêque nous dit que " la vraie lumière du ciel vous fait voir votre chemin ; elle vous conduira par icelui fort heureusement. " C'est par conséquent un appel à se laisser conduire joyeusement, certains d'arriver là où Dieu veut nous mener, c'est-à-dire au-delà de toutes nos espérances !

Peut-être certains seront-ils choqués et se diront : 'quelle horreur ! Aucun esprit d'initiative, notre intelligence annihilée !'… Profonde méprise ! Bien au contraire, nous avons tout à gagner à savoir nous abandonner parfois ! Les Visitandines en sont un beau témoignage, et la preuve vécue : ainsi, chaque année elles changent de cellule, de mobiliers, de croix de profession même, afin de ne s'attacher à rien pour être tout à Dieu, afin de n'avoir aucune attache ici-bas par esprit d'abandon ; et pourtant, c'est merveille de voir à quel point chacune de ces Visitandines fait pleinement profiter la communauté de ses compétences, l'une en brodant, l'autre en peignant… Car n'est-ce pas aussi s'abandonner en la divine volonté que de faire fructifier les dons que nous a donné le Seigneur ? On l'oublie bien souvent !

Ainsi, c'est en toute confiance qu'il faut savoir se laisser conduire. " Nourrissez votre chère âme en l'esprit de cordiale confiance en Dieu ", Dieu vous mènera au mieux !

 

à suivre ...

 

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18 janvier 2011

Tous des Saints : quelle belle espérance ! (1/4)

Partie 1

 

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Introduction

 

" Je voudrais que les filles de notre Congrégation eussent les pieds bien chaussés, mais le cœur bien déchaussé et bien nu des affections terrestres ; qu'elles eussent la tête bien couverte et l'esprit bien découvert, par une parfaite simplicité et dépouillement de la volonté propre ", écrit saint François de Sales à sainte Jeanne de Chantal.

Voilà en quelques mots l'essentiel de la spiritualité visitandine, ou salésienne plus largement. Nul besoin de grandes austérités extérieures démonstratrices : le plus important, mais aussi le plus difficile quoique le plus tardivement admis, est de renoncer à soi-même ! Et renoncer à soi-même est un effort quotidien, auquel chacun peut adhérer parce que chacun peut aller à son rythme…

C'est faire extraordinairement toutes les choses ordinaires de la vie, mettre de la sainteté dans toutes les tâches communes de notre vie, offrir à Dieu toute chose, même les plus petites, et s'offrir soi-même en tout humilité à Dieu…

A la lecture de ces quelques lignes, certains seront tentés de croire que nous parlons de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de sa " petite voie " de sainteté. Ne vous y trompez pas : nous parlons toujours ici de saint François de Sales !

De même, lorsque saint François de Sales nous invite à nous abandonner en la divine volonté, ne pensons-nous pas au parfait " abandon " de la petite Thérèse ? En effet, la spiritualité salésienne, douce à vivre pour qui est animé d'un désir sincère d'être tout à Dieu et de reposer " contre la divine poitrine " de N.S., propose aussi une " petite voie " de sainteté, plus de deux siècles avant sainte Thérèse de Lisieux, âme toute salésienne oserons-nous dire ! C'est donc dire à quel point la pensée de saint François de Sales est actuelle, et en accord avec les aspirations profondes de notre temps ; c'est donc dire à quel point cette pensée nous ouvre sur le troisième millénaire, et nous appelle à devenir plus que jamais des saints en notre temps, et en notre monde. C'est ce que nous nous proposons de voir, malheureusement très succinctement. Nous espérons par conséquent que ce bref éclairage vous encouragera à consulter quelques uns des excellents ouvrages de spiritualité salésienne déjà publiés.


" Vocation universelle à la sainteté " (Paul VI)


" L'amour de Dieu, " quand il est parvenu jusqu'au degré de perfection auquel il ne nous fait pas seulement bien faire, ains nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s'appelle dévotion " [Intro. à la vie dévote, I, 1].

A cultiver et à recueillir les fruits de cette dévotion, saint François de Sales, enflammé par la violence d'un saint désir, exhorte instamment et stimule tous les chrétiens, quelles que soient les différences de sexe, d'âge, de fortune ou de condition.

La sainteté n'est la prérogative ni des uns ni des autres, de personne, mais une invitation et un ordre adressés à tous ceux qui portent le nom de chrétiens. " Mon ami, monte plus haut " (Lc, 14, 10). Tous sont tenus à gravir la montagne du Seigneur, bien que ce ne soit pas par un seul et même chemin. "

Ainsi écrit S.S Paul VI dans sa Lettre apostolique Sabaudiae Gemma pour présenter l'universelle vocation à la sainteté que nous propose saint François de Sales.

Que chacun soit appelé à devenir saint, c'est aujourd'hui pour le chrétien quelque chose d'évident. Mais que de chemin parcouru ! En effet, ce n'était pas si évident que cela au XVIIè siècle, et nous oserons dire jusqu'au début du XXè siècle même. Rappelons que le XVIè siècle a été siècle d'expansion de l'hérésie protestante, calviniste ou luthérienne. Rappelons aussi que le XVIIè siècle a quant à lui vu le développement du jansénisme, qui imprimera son empreinte sur les consciences chrétiennes de longues années.

Saint François de Sales est donc véritablement un saint d'avant-garde, et qui dénote avec les " esprits " de son temps en proposant la sainteté pour tous, par l'accomplissement du devoir d'état et de la sainte dévotion. Il faudra que de grands saints vivent cette aspiration salésienne, vivent dans l'esprit de saint François de Sales, pour que ceci devienne évidence : ainsi pouvons-nous citer saint Vincent de Paul, nommé Aumônier Général des Galères le 8 février 1619 par Louis XIII, alors que saint François de Sales était lui-même présent à la Cour de France. Nous pouvons aussi citer saint Jean Bosco, ou encore, comme nous le suggérions en introduction à cette partie, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, âme typiquement salésienne comme nous le montre sa " petite voie " de sainteté, ce qui n'est d'ailleurs pas étonnant puisque sa tante était elle-même visitandine… Et que de saints encore ont suivi saint François de Sales en leur spiritualité !

Tous des saints ! Quelle plus belle espérance pour le chrétien ? Aussi, il nous faut en voir quels en sont les moyens.

 

 

à suivre

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10 janvier 2011

LE BON PASTEUR

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LA PARABOLE “LE BON PASTEUR”  Jean 10, 11-18

Don Bosco, qui a beaucoup écrit, ne commente guère les Evangiles. Cependant une image forte revient dans ses écrits, lorsqu’il parle de pédagogie, c’est le figure du Bon Berger .

Déjà, dans le songe qu’il fit à 9 ans, cette figure est présente : Jean Bosco y vit une bergère et un berger lui expliquer que c’est par la douceur et non la brutalité qu’il pourra changer les bêtes sauvages en agneaux paisibles. La tradition salésienne à médité cette figure, et l’a introduite dans les Constitutions de la Congrégation.

La figure du Pasteur est très présente dans les Evangiles, et notamment dans des contextes qui rejoignent une situation qui appelle l’action éducative. Ainsi, jésus est ému devant les foules qui sont sans berger (Mt 9,35)et, par trois fois, il répétera à Pierre qu’il lui confie le troupeau (Jn21, 15-19). Elle renvoie à des textes messianiques de l’Ancien Testament (Jérémie, Ezéchiel, etc..) C’est de là que vient le beau mot de « pastorale », qui désigne l’action éducative, faite de sollicitude, qui conduit à Dieu, et qui exprime la mission des évêques, successeurs des apôtres.


LE PASTEUR « CONDUIT DEHORS » : IL EDUQUE

C’est dans le texte du Bon Berger, et nulle part ailleurs, qu’apparaît, dans la traduction latine, le terme « educare » d’où vient notre mot « éduquer », qui signifie « conduire dehors ». Eduquer, c’est prendre les hommes quelque part, pour les conduire vers un espace de liberté, leur ouvrir l’avenir. Jésus propose à l’homme de quitter son pays, pour devenir chemin et gagner une Terre Promise. Un exode et un écart : lorsqu’il marche sur les eaux, n’est-ce pas une manière de dire que les apôtres doivent s’aventurer hors de la barque… de l’Eglise ?

Dans l’évocation de l’évangéliste Jean (10,11-21), le berger devient la porte. Cette image parle davantage quand on connaît la coutume : le berger se couche en travers de l’ouverture de l’enclos ou sur le seuil de la bergerie. Dès lors, le voleur doit lui passer sur le corps pour entrer. Mais la brebis aussi doit passer au-dessus de lui si elle veut sortir.

L’éducateur doit souvent jouer le rôle de protecteur contre les dangers du dehors, et il lui arrive de protéger le jeune contre lui-même.


UNE PRESENCE BIENVEILLANTE

L’image du troupeau entraîne automatiquement l’idée d’esprit grégaire. Jésus coupe court à cette médisance en affirmant : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Au Valdocco, malgré le grand nombre de jeunes accueillis, chaque garçon se sentait connu et aimé personnellement par Don Bosco, au point qu’ils étaient tous convaincus d’être les préférés. Ils avaient l’impression qu’il lisait sur leur front ! Cette connaissance était le fruit d’une présence typiquement salésienne, présence physique, personnelle, affectueuse et préventive, qui est la base de l’action salésienne. Plaisir de se trouver au milieu des jeunes, qui est bien éloignée d’une présence policière répressive.

 Extrait DBA sept/oct.2004

 

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