07 septembre 2009

Don Bosco au quotidien : la patience

a010


On imagine toujours les saints selon un schéma identique, une attitude sainte, les mains jointes, la tête bouclée déjà auréolée, sage, obéissant, miséricordieux pour les copains.
 
Douce illusion ! Je crois que Jean Bosco a été le champion du "tout, tout de suite", cher à nos jeunes aujourd'hui.
 
Il voulait des oiseaux à lui. Quoi de plus simple que de les dénicher malgré les conseils de Maman Marguerite.
 
Celle-ci, fille de la terre, avait un sens éducatif inné et savait profiter de toutes les occasions pour instruire et éduquer ses fils et en particulier son "préféré", Jean bien qu'elle les aimait tous les trois.
 
Le vilain dénicheur fut pris à son piège en restant coincé dans sa chute, suspendu à son arbre.
 
Les oiseaux, il les aimait mais le désir de possession était plus fort et puis il pouvait s'en servir pour d'autres fins: les faire chanter, Dieu qui les avait munis d'un tel don d'égayer la nature par leurs chants, et aussi satisfaire sa nature éducative en les faisant répéter, sous les regards ébahis des copains, ce qu'il leur apprenait.
 
Maman Marguerite, la leçon donnée savait positiver les moindres "défauts" et lui suggérer de choisir de bons copains.
 
C'est ainsi qu'il fit la connaissance de Louis COMMOLO.
 
Au collège, Jean le bagarreur était subjugué par les propos de son copain et les deux amis inséparables trouvèrent ensemble comment s'améliorer dans la sainteté.
 
Louis hélas, mourut et avait promis à Jean de venir lui dire s'il était bien sauvé, ce qu'il fit, à la grande frayeur de tout un dortoir effrayé par ce qu'il entendait, ce qui confirma le chemin pris par Jean.
-
 
Etre patient, pour moi, c'est ...
 
Savoir s'oublier pour laisser place à l'autre
Attendre le moment idéal
Savoir respecter le rythme de chacun
Regarder, observer, pour tendre vers son objectif
Accepter que chacun réagisse autrement
Accepter un moment en prévision d'un meilleur
Passer au travers,...

 

Salésiennement vôtre, Jean Thibaut

31 juillet 2009

La prière salésienne: une célébration contemplative du présent (2)

D'où naît la prière salésienne

 

Notre prière est donc tout ensemble contemplation du quotidien et célébration du quotidien et se relie à cette «sacramentalité diffuse» dans le quotidien, dont nous avons parlé précédemment.
 
Le sens profond de la prière pour Don Bosco naît de son «anxiété pastorale» qui le pousse à «invoquer» et à «remercier»: et il fait de la prière un instrument éducatif de premier plan. Qu'il suffise de penser à la sainteté de Dominique Savio et à sa prière qui a atteint des sommets contemplatifs au sens strict.
 
Ce que fait observer Don Rinaldi est éclairant «Don Bosco a allié avec la plus grande perfection son activité extérieure, indéfectible, absorbante, très vaste à une vie intérieure qui prend sa source dans le sentiment de la présence de Dieu et qui devient actuelle, persistante et vive au point de devenir une union à Dieu parfaite. De cette façon, il a réalisé en lui-même l'état le plus parfait qui est la contemplation agissante, l'extase de l'action, dans laquelle il s'est consumé jusqu'à la fin, avec une sérénité extatique, pour le salut des âmes.»
 
Ici s'insèrent les caractéristiques de la prière salésienne: le salésien ne se sent pas «arraché» à la prière quand il doit passer à l'action, parce que même dans l'action il fait l'expérience de Dieu; sa prière est d'abord profondément personnelle pour être avec fécondité communautaire; c'est une prière imprégnée et pénétrée de quotidienneté et, pour cela, «populaire»; elle fait alors une grande part à la prière de «demande» comme expression de cette anxiété éducative de croître et de construire le Royaume ; elle est une prière simple, sobre, pauvre, joyeuse, sans éclats ni apparence : ainsi de fait prient les pauvres, les simples, le peuple. C'est une prière faite d'humilité, d'abandon à la présence et aux dons de l'Esprit. Elle est équilibrée dans le ton et dans la durée, elle est ouverte au corporel.
 
Plus qu'à faire prier les jeunes, le salésien tend à prier avec les jeunes et à donner du large à l'initiation juvénile, en éduquant les jeunes à gérer leur prière.
 
A la base de cette prière, il y a certaines valeurs humaines à recueillir et à approfondir et dont il faut faire faire l'expérience aux jeunes : le sens du mystère, le sens de la gratuité, la capacité d'étonnement devant les «merveilles» de Dieu ; le sens du silence et de la contemplation, le sens de la participation et du partage.
 
Dans ce cadre, la prière salésienne ne se refuse pas à se laisser provoquer par les autres spiritualités et les autres modèles de prière : l'important est que la synthèse qui en dérive soit organique et non une juxtaposition simpliste d'expériences diverses, sans une âme qui les assume et les englobe dans une réalité unitaire

 

30 juillet 2009

La prière salésienne: une célébration contemplative du présent (1)

PICT0331
Nous assistons en notre temps, à un entremêlement ou à une succession de divers modèles de prière : un modèle traditionnel, dans lequel les «pratiques de piété» sont peut-être trop soulignées au détriment de la «piété» en soi; un modèle des mouvements de type charismatique qui tend à une raréfaction et à une transcendance anhistorique de la louange, de la glorification, de la jubilation dans l'Esprit; un modèle idéologico-politique fortement aimanté par les événements historico-politiques et dont le risque est de s'évanouir dans «l'engagement pour la révolution»: prier c'est «lire le journal» ou faire un collectif politique.
 
Une prière pétrie de quotidien
 
Le modèle salésien est différent : c'est la «prière dans le quotidien». Et il s'insère de fait dans cette «spiritualité du quotidien» comme lieu d'expérience de Dieu que nous avons mise comme premier point de la spiritualité juvénile salésienne.
 
«Je m'imagine comment la pensée de Don Bosco priant devait être pleine de Dieu, mais pour cela aussi pleine de ses enfants, des personnes, des problèmes qu'il avait. Et il faut aussi affirmer la contrepartie : c'est-à-dire que le travail, les dialogues, les discussions, les jeux, la promenade, la classe, sa présence parmi les jeunes, l'écriture, l'engagement en tant d'entreprises, la fatigue de Don Bosco étaient comme une extase de sa contemplation, de son amour. L'extase de l'action, comme dirait Don Rinaldi, reprenant la pensée de saint François de Sales,» (Don Vigano)
 
Don Bosco est-il un saint qui a peu prié ? C'est un saint qui dit plus «travaillons» que «prions». Pourtant, Don Bosco priait tout le temps et il est en même temps le prophète d'une prière non sophistiquée, ni élitaire ni idéologique, mais d'une prière à la portée de tous.  Don Ceria affirmait : «La différence spécifique de la piété salésienne consiste à faire du travail une prière.»  «Nous ne prions pas pour sanctifier le travail, comme si la sainteté était seulement dans la prière et non dans le travail apostolique; nous prions et nous travaillons, nous sommes plongés dans l'action et nous contemplons Dieu parce que, de l'intérieur, nous meut une même charité pastorale qui est l'âme de la prière et de l'action apostolique. Voilà le centre de notre vie intérieure, le lieu théologique où nous devons nous exercer, le matériel stratégique sur lequel il nous faut faire nos évaluations, nos examens, les recherches, les projets, les corrections, les propositions.» (Don Vigano)
 

à suivre ... (demain)

15 juillet 2009

Travail et tempérance : l'ascèse salésienne ...

Extrait de la  CHARTE DE COMMUNION DANS LA FAMILLE SALESIENNE

 



 

S5020454


 


Art. 24 Travail et tempérance

 


La pratique de la charité pastorale, inspirée par Dieu, exige la conversion et la purification, ainsi que la mort du vieil homme pour que naisse, vive et se développe l'homme nouveau qui, à l'image du Bon Pasteur, est prêt à donner sa vie pour ses brebis et à se sacrifier chaque jour dans le travail apostolique.


Travailler toujours jusqu'à la mort est le premier article du code salésien.


L'austérité est dans le comportement, la volonté de sacrifice, le détachement, non dans le ton de la vie.


On travaille, on tolère, on peine allègrement, parce que le cœur entre en tout, et que l'âme est tellement imprégnée de hauts idéaux et disposée à dépasser ce qui n'est pas nécessaire, que cela lui permet la plus grande désinvolture de mouvement et d'esprit.


Il ne faut pas rechercher des pénitences extraordinaires, mais seulement accepter avec sérénité les fatigues et les difficultés quotidiennes pour rester disponible à bien servir Dieu et les frères.


L'ascèse salésienne a divers aspects :

  • elle est une ascèse d'humilité pour n'être que des serviteurs devant Dieu ;
  • une ascèse de mortification, pour devenir maîtres de soi, savoir garder ses sens et son coeur et savoir refuser un style de vie commode ;
  • une ascèse de courage et de patience pour persévérer dans l'action même ;
  • une ascèse de dévouement quand les circonstances et les événements invitent à être plus proches du Christ crucifié.


Et la dernière forme, la plus belle, la gratuité, consiste à refuser de gémir, de faire voir qu'on renonce à quelque chose, en sachant, par contre, donner toujours avec joie.

 

10 juillet 2009

Tempérance : une réflexion.

PICT0137
 

Tempérance :
vertu qui modère les désirs, les passions. Sobriété dans l'usage des aliments, des boissons. (Petit Larousse)
 
Domaine beaucoup plus vaste et complexe qu'il n'y paraît dans le dictionnaire, elle devrait, à mon sens, faire partie intégrante de toute éducation et à fortiori de toute éducation (pédagogie, système préventif) salésienne.
 
Elle complète et qualifie l'action de Don Bosco, justifiant sa devise « Travail et tempérance ».
 
On y retrouve les trinômes « cœur - raison - religion » et « ma relation à Dieu - à moi - aux autres ».
 
Après réflexion, un mot me vient à l'esprit : amour, et la devise de François de Sales «Tout par amour, rien par force ».
 
Pour moi, la tempérance est surtout une notion d'équilibre, de juste mesure.  En ce sens, à priori, une référence plus à François de Sales qu'à Don Bosco.
 
Si on part du point de vue de l'ascèse, elle est la maîtrise des désirs, voire des besoins physiques (nourriture, boisson, repos, froid ou chaleur), affectifs (amitié, amour, solitude, disponibilité, respect, silence) spirituels (désert, « consolation -affliction », épreuve).
 
Une maîtrise de soi qui n'exclut en rien l'estime de soi (humilité objective), l'amour de soi et la recherche de son propre bien (j'entretiens le corps que Dieu m'a donné, je développe les talents reçus,  je lutte contre les défauts sans rudesse mais avec patience et persévérance).  
 
C'est tirer le meilleur parti de ce que je suis. C'est savoir relativiser, remettre choses et événements à leur vraie place, savoir prendre du recul.  Rechercher le positif,  éviter de gémir, cultiver la joie,  accepter l'impuissance, vivre l'abandon sans abandonner.
 
Proche à la fois de l'obéissance et de la pauvreté, elle m'invite à accepter les projets contrecarrés, l'incertitude, la dépendance vis-à-vis d'autrui. (là, je retrouve plus Don Bosco).
 
C'est faire les choses au moment adéquat (dormir la nuit, l'abstention de commentaires inutiles, manger aux repas et jeûner aux temps prescrits),  travailler dans la discrétion et le plus efficacement possible. C'est être à la fois et tour à tour Marthe et Marie.
 
C'est une façon d'agir qui conditionne ma façon d'être... et m'oriente vers ce que je voudrais être.
 
C'est un défi, un combat de tous les instants, jamais gagné mais un idéal à garder.

 

M-H