23 octobre 2010

La prière personnelle.(2)

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Des lieux de prière.


Des espaces réservés à la prière et spécialement aménagés pour favoriser le recueillement sont une nécessité. Les oratoires répondent à ce besoin. Aujourd’hui ils sont de dimensions modestes et sobres dans leur décoration pour centrer l’attention sur l’essentiel : le livre de la Parole, signe de ce Dieu qui nous parle et que nous venons écouter ; une lumière, symbole de Celui qui nous précède dans la veille, de la Présence chaleureuse et aimante qui nous guide dans la nuit.

Ce cadre propice au recueillement et à l’attention à la Présence peut favoriser une prière prolongée.

Toutefois, il est possible de prier partout, au milieu de la foule comme sur une plage déserte, dans le train, le bus, le métro, dans une salle d’attente…Mais le lieu fondamental de la prière demeure l’intérieur de nous-même, notre cœur profond.

Dieu lui-même nous apprend à prier.

Si Dieu demeure présent au plus intime de nous-même, il ne nous laisse pas seul dans ce travail de la prière personnelle. Il nous communique son Esprit pour que nous puissions entendre et comprendre sa Parole.

Ainsi l’Esprit travaille en nous pour nous transformer peu à peu à l’image du Fils. Prier, pour le croyant chrétien n’est donc pas simplement une démarche humaine, c’est aussi une démarche divine. C’est Dieu lui-même qui, en quelque sorte, vient prier en nous et nous fait participer au dialogue des trois personnes de la Trinité.

C’est pourquoi la prière chrétienne est nécessairement branchée en Christ : « par lui, avec lui, en lui » comme nous le disons dans la célébration eucharistique. Apprendre à prier, c’est essayer d’entrer dans les dispositions, les sentiments du cœur de Jésus. Les différentes spiritualités chrétiennes proposent des chemins qui favorisent l’identification au Christ.

22 octobre 2010

La prière personnelle.(1)

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La prière personnelle.

La démarche spirituelle oriente vers d’autres formes de prière, d’autres attitudes plus accordées à l’expérience de l’intériorité.

Tout d’abord, même si l’on perçoit bien, assez naturellement, que la vie spirituelle passe par le recueillement et l’intériorité, la démarche de prière se cantonne souvent dans le seul registre de la demande. On demande à Dieu son aide pour la vie spirituelle, davantage de foi, sa lumière pour comprendre ce qui est à faire et pour discerner dans les situations compliquées. Une telle prière de demande est utile et nécessaire, elle témoigne d’une ouverture de l’esprit et du cœur indispensable pour progresser. Elle n’est toutefois qu’une dimension de la prière. A en rester là, la prière tourne court.

La seule prière de demande peut maintenir la vie spirituelle dans une attitude étroite. Le développement de cette vie spirituelle suppose que la prière devienne progressivement  une disposition fondamentale d’ouverture de soi à l’Autre, à la Présence, ce qui implique le silence intérieur. C’est ce silence qui permet l’attention à cette Présence.

Pour la foi chrétienne, la prière n’est pas seulement appel, élan du cœur vers Dieu, elle est aussi, et peut-être d’abord, écoute, accueil de ce Dieu Père qui se donne à nous en son Fils Jésus et qui nous attire à lui par son Esprit.

 

Trouver sa respiration spirituelle.

A chacun aujourd’hui de trouver son propre rythme et sa respiration spirituelle en s’aménageant des « breaks pour Dieu ». Ceux-ci peuvent être plus ou moins longs en fonction du rythme (hebdomadaire, mensuel, annuel…).Il semble toutefois nécessaire de se libérer un ou deux espaces quotidiens pour se relier consciemment à Dieu. Associer notre présence consciente à Dieu à notre rythme fondamental de veille ou de sommeil, qui scande la succession de nos journées, est essentiel pour acquérir une vie spirituelle qui ait « un souffle » suffisant.

 

... à suivre

12 octobre 2010

Être « chrétien et citoyen » dans un monde qui évolue, est-ce possible? (2)

2e partie de l'intervention de Sœur Catherine FINO fma dans le cadre du 2ème Congrès de l'éducation salésienne dont le  thème était: "le système préventif dans un monde sécularisé".   (Lyon - novembre 2000)

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REGARD sur St FRANCOIS DE SALES

Nous allons porter notre regard sur quelqu’un dont don Bosco s’est inspiré, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi sur le plan éducatif: Saint François de Sales.

2e partie :


Comment vivre ensemble sans violence?


Dans un monde pluriel, il va falloir ensuite gérer les relations sans violence: les jeunes vont sans cesse côtoyer, y compris dans leur propre famille, leur vie professionnelle, etc... des gens qui n’ont pas fait le même choix qu’eux, qui s’opposeront à eux de par leurs convictions différentes.  Comment se comporter? François propose la « douceur » salésienne. Elle n'est pas mièvre: de quoi s’agit-il ?

- L’art de proposer: « Parlez toujours de Dieu... non point à la manière d’une correction mais à la manière d’une inspiration: car c'est merveilleux combien la proposition douce et aimable de quelque chose de bon est une puissante amorce pour attirer les coeurs» (IVD III, 26).

- Respecter la liberté de pensée « Même «s’il est nécessaire de contredire quelqu’un et d’opposer son opinion à celle d’un autre, il faut user de grande douceur et dextérité, sans vouloir violenter l’esprit d’autrui car aussi bien ne  gagne-t-on rien on prenant les choses âprement.  L’esprit humain peut être persuadé, non pas contraint. Le contraindre, c’est le révolter »(IVD M 30).

- Il vaut mieux décider de vivre sans colère que d’en user modérément, donc il faut être capable de l’éteindre en nous. « Comment la repousser?  Ramasser nos forces, mais doucement…»  « Lorsque vous êtes tranquille, faites grande provision de douceur » « Soyez doux envers vous-même, ne vous mettez pas en colère contre vous-même à la moindre occasion »  « Traitez vos affaires avec soin, mais sans empressement ni souci ».

- L’art des relations cordiales (au sens: mettez-y votre cœur!) mérite un entretien aux Visitandines (X 1108):

- savoir exprimer son affection, rendre agréables les relations de travail, et être simple et sans complexe aux moments de détente, être attentifs à l’autre sans tomber dans la flatterie excessive ou risquer de provoquer la jalousie.  L’art de s’adapter à autrui est sous tendu par toute une étude psychologique.

- François de Sales ajoute la nécessité de faire confiance, de pas juger ou craindre le jugement d’autrui pour oser communiquer nos richesses entre nous.  Savoir donner des bases d’affection mutuelle et de connaissance profonde à nos relations désamorce la violence entre nous, et apprend à souhaiter communiquer avec tous.

- La cordialité salésienne est à l’origine de ce qui deviendra l'amorevolleza chez don Bosco, avec l’importance des relations des jeunes entre eux, dans une vie de groupe, et la qualité de la relation instaurée par l’éducateur avec l’éduqué.


En conclusion
:


Je voulais vous livrer ces quelques convictions qui peuvent enrichir notre recherche éducative aujourd’hui, en l’enracinant dans l’école de pensée spirituelle où don Bosco lui-même a puisé. Et nous encourager quand nous voyons combien l’évolution d’une société peut être à la source de nouvelles dimensions et expressions de la pensée spirituelle et éducative, qui permettent à l’Église de se renouveler, quand les chrétiens entrent pleinement dans le débat et les défis de la société de leur temps.

11 octobre 2010

Être « chrétien et citoyen » dans un monde qui évolue, est-ce possible? (1)

Intervention de Sœur Catherine FINO fma dans le cadre du 2ème Congrès de l'éducation salésienne dont le thème était: "le système préventif dans un monde sécularisé".   (Lyon - novembre 2000)

 

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REGARD sur St FRANCOIS DE SALES

Nous allons porter notre regard sur quelqu’un dont don Bosco s’est inspiré, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi sur le plan éducatif: Saint François de Sales.

 

1ère partie :

Être « chrétien et citoyen » dans un monde qui évolue, est-ce possible?

Le contexte où vit François de Sales se rapproche déjà du nôtre. Bien sûr, il ne connaît pas encore la sécularisation des sociétés européennes, mais on voit apparaître au XVIIème siècle, une situation nouvelle: l’existence du protestantisme. On ne choisit pas encore de vivre avec ou sans Dieu, mais le spirituel devient pluriel dans la société.  Et ça se vit mal sur le plan politique, même avant les guerres de religion: Luther est banni de l’empire, il perd toute protection juridique, et il risque sa vie.  Du coup la réflexion s’engage, et Luther propose une séparation entre le domaine de l'Etat (le temporel) et le domaine de l’Église (le spirituel). Vingt ans après, François de Sales écrit en écho, dans un texte sur l’obéissance: «Il faut obéir à tous les supérieurs, à chacun néanmoins en ce en quoi il a autorité sur nous: on ce qui concerne la police et les choses publiques, il faut obéir aux princes; en ce qui regarde l’ordre dans l’Église, aux évêques; dans la famille, au père, ou au maître de maison, ou au mari, quant à la conduite de votre vie chrétienne, au prêtre qui vous accompagne (directeur ou confesseur particulier)».  Belle introduction à la laïcité. Et notons au passage qu' « on ne choisit pas habituellement son prince ou son évêque, ni même souvent son mari, mais on choisit bien son confesseur ou directeur»: le discernement qui existe dans la vie de foi pourra bien être prophétique et formateur dans les autres secteurs.  Il s’agit bien d’un espace de liberté. (IVD III, XI 163).

Comme chrétien, il ne s’agit pas d'être à part: « Non, Philothée, la foi chrétienne ne gâche rien quand elle est vraie, au contraire elle améliore tout. Si elle contrarie les engagements légitimes de quelqu’un, c’est sans doute qu’elle est déformée.  Chacun devient plus agréable (sociable) dans ce qu'il fait en y ajoutant la foi: le soin de la famille en est rendu paisible, l’amour de la femme plus sincère, le service du prince (de l’État) plus fidèle, et toutes sortes d’occupations plus agréables » (IVD I, III 37).  «Bon citoyen et bon chrétien»: pour don Bosco aussi, la foi chrétienne sera une chance pour la bonne citoyenneté d’un jeune.

Il ne s’agit pas de s’accommoder d’un juste milieu, d’être moins chrétien pour tenir aussi son rôle de citoyen, ou à l’inverse, de demissionner de certains secteurs de la vie sociale pour pouvoir accéder à un plus haut niveau de christianisme.  Luther a plaidé pour que tous, clercs ou laïcs, soient reconnus comme chrétiens à part entière.  François de Sales met en acte sa conviction de légale dignité et vocation de tous les chrétiens, quel que soit leur statut social ou ecclésial: « Mon intention est la formation chrétienne de tous ceux qui vivent en ville (pas seulement dans la société traditionnelle rurale; aujourd’hui ce serait la formation de ceux qui vivent à l'heure d'internet et de mondialisation), qui sont mariés, qui sont à la cour (en politique), et qui par leur situation sociale sont obligés d’adopter un certain mode de vie qu’ils pensent incompatible avec la vie chrétienne».  IVD Préface 24. « C’est une hérésie de vouloir exclure de la vie chrétienne les soldats (l’armée), les artisans (les ouvriers, les professionnels) les courtisans des princes (les hommes politiques), les gens mariés (% clercs).  Où que nous soyons, nous pouvons et nous devons aspirer à la vie parfaite.  Il faut accommoder la pratique de la foi aux forces, aux occupations et aux obligations de chacun».  IVD 1, 1113, 7.  Don Bosco proposera la sainteté aussi aux jeunes émigrés du monde ouvrier au XIXème, et nous aujourd’hui aux jeunes de la société de la mondialisation et de la communication.

Ceci supposera que l’évangélisateur soit créatif pour s’adapter à son public, à la culture de ses interlocuteurs.  Dans une société de conflits politiques et religieux, François inaugurera une nouvelle manière de prendre la parole très simplement, avec un ton souriant, chaleureux, à grand renfort d’exemples, de comparaisons et d'anecdotes tirées du quotidien ou de la Bible (comme les histoires ou les rêves de don Bosco).  Puis il rédigera par écrit ses sermons pour permettre aux habitants de Thonon de les lire chez eux en cachette, enfin.

01 mai 2010

Marie-Dominique Mazzarello : "Prendersi Cura"

Sans titre 6

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C'est le miracle de celui qui prend au sérieux cette phrase : "Je te les confie pour que tu en prennes soin".

Beaucoup de richesses chez les jeunes sont latentes, à nous de les réveiller !

L'éducateur est un éveilleur, un messager, un guide, un compagnon discret et aimant qui n'accepte aucun remerciement en retour.

Il ne se prend pas pour le protagoniste de l'éducation, mais ne renonce pas non plus à son rôle de médiateur.

Le "prendre soin" est une prophétie qui résonne dans un monde distrait et tremblant, c'est un appel à la vie, une semence pour le futur.

De Mornèse comme du Valdocco, sortirent vraiment des personnes libres et responsables, capables d'assumer avec créativité et fidélité, leur place dans la société et dans l'Eglise.

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