03 décembre 2016

Rends-nous solidaires dans la vérité

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Notre Dieu, nous sommes en solidarité avec ceux qui vivent dans le danger et dans le combat. De loin ou de près, nous partageons leur détresse et leur espoir. Apprends-nous à étendre nos vies au-delà de nous-mêmes et à étirer notre cœur jusqu'aux frontières où les hommes souffrent et transforment le monde. Mets-nous en solidarité avec l'étranger, que nous ignorons, avec le démuni, que nous effaçons, avec le prisonnier, que nous évitons. Oh Dieu, que la solidarité soit ainsi un nom nouveau, un nom actuel pour cette fraternité à laquelle tu nous appelles sans cesse.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans la vérité et non pas dans le mensonge des tactiques. Délivre-nous de toute solidarité qui tournerait à la partialité destructrice et qui nous entraînerait dans la captivité de nos propres amis. Car tu nous veux solidaires, mais non pas partisans, toi qui as pris parti pour nous, sans jamais nous mentir sur nous-mêmes. Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l'efficacité et non pas dans le verbalisme des déclarations. Délivre nous de toute solidarité qui tournerait à l'inflation vaine et qui nous plongerait dans la paille des mots sans le grain des choses. Car tu nous veux solidaires, mais non pas tribuns, toi qui es toujours parole unie à la vie, parole en acte, fût-ce dans le silence.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l'espérance et non pas dans la dramatique des catastrophes. Délivre-nous de cet obscur besoin que nous avons parfois de la souffrance humaine, comme si la souffrance pouvait être un quelconque bien, sauf pour celui qui dure en l'endurant. Car tu nous veux solidaires, mais non pas prophètes de malheur, toi qui as toujours voulu pour les hommes la justice et la liberté, la joie et la paix.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires en humilité, car nous ne sommes pas capables de porter la terre entière. Délivre-nous de l'accablement qui n'aide personne et de la pitié, qui empoisonne tout. Car tu nous veux solidaires de celui dont nous devenons vraiment le prochain.

Ô Dieu, purifie nos solidarités. Rends-les vraies, fécondes, ardentes et humbles.

Nous te le demandons au nom de Celui qui a été résolument solidaire de l'homme abandonné et méprisé, Jésus.

André Dumas

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02 décembre 2016

Réveil !

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Dieu, merci de venir réveiller 
notre attente endormie sous les soucis, 
la bousculade des jours et nos ennuis.
Nous sommes si pressés 
que nous ne prenons plus le temps d’attendre.
Nous avons tant à faire, à penser.
Nos agendas, nos heures, nos vies sont remplis.

Dieu, merci de venir réveiller notre attente.

Toi, tu nous fais cadeau de ce temps neuf.
Voici les temps nouveaux!
D’un temps qui ne peut se gagner ni se perdre.
D’un temps pour respirer, pour espérer, pour vivre.

Dieu, merci pour ce temps d’Avent.
Merci d’arriver à l’improviste, visiteur inattendu!
Car si Noël est programmé sur nos calendriers,
Toi, Dieu, tu n’as jamais fini de nous surprendre!

(Diocèse-de-Sainte-Anne-de-la-Pocatière - Novembre 2010)

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01 décembre 2016

La guerre la plus dure c'est la guerre contre soi-même.

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Il faut arriver à se désarmer.
J'ai mené cette guerre pendant des années,
elle a été terrible.
Mais je suis désarmé.
Je n'ai plus peur de rien car l'amour chasse la peur.
Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison,
de me justifier en disqualifiant les autres,
je ne suis plus sur mes gardes,
jalousement crispé sur mes richesses.
J'accueille et je partage.
Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.
Si l'on m'en présente de meilleurs,
ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons,
j'accepte sans regret.
J'ai renoncé au comparatif.
Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.
C'est pourquoi je n'ai plus peur.
Quand on n'a plus rien, on a plus peur.
Si l'on désarme,
si l'on se dépossède,
si l'on s'ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles,
alors Lui efface le mauvais passé
et nous rend un temps neuf
où tout est possible.

 Patriarche Athénagoras

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30 novembre 2016

J’aime beaucoup le mot bonheur.

Pendant de nombreuses années, le philosophe Paul Ricœur, de tradition protestante, avait l’habitude de venir à Taizé. Il est décédé vendredi 20 mai 2005 à l’âge de 92 ans. Les extraits ci-dessous proviennent d’un entretien lors de son séjour à Taizé pendant la Semaine sainte 2000.

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J’aime beaucoup le mot bonheur...

Longtemps, j’ai pensé que c’était soit trop facile, soit trop difficile de parler du bonheur.

Et j’ai dépassé cette pudeur. Ou plutôt je l’approfondis, cette pudeur, en face du mot bonheur. Je le prends dans toute la variété de ses significations, y compris celle des Béatitudes. Je dirais que la formule du bonheur c’est : « Heureux celui qui… »

Alors, le bonheur, je le salue comme justement une « re-connaissance », dans les trois sens du mot : je le reconnais comme étant mien, je l’approuve chez autrui, et j’ai de la gratitude pour ce que j’en ai connu, ces petits bonheurs, parmi lesquels ceux de la mémoire, pour me guérir des grands malheurs de l’oubli.

Et c’est là que je fonctionne à la fois comme philosophe, nourri des Grecs, et lecteur de la Bible et de l’Évangile, où on peut suivre le parcours du mot bonheur, mais dans les deux registres. Parce que le meilleur de la philosophie grecque est une réflexion sur le bonheur, le mot grec eudeimon - on a parlé de l’eudémonisme philosophique, chez Platon, chez Aristote -, et je m’y retrouve très bien avec la Bible. Je pense tout d’un coup au début du psaume 4 : « Ah ! Qui nous enseignera le bonheur ? » C’est une question un peu rhétorique, mais qui a sa réponse dans les Béatitudes.

Et les Béatitudes, c’est l’horizon de bonheur d’une vie sous le signe de la bienveillance, parce que le bonheur, ce n’est pas simplement ce que je n’ai pas, ce que j’espère avoir, mais aussi ce que j’ai goûté.

Paul Ricoeur

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29 novembre 2016

Née par hasard...

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Je suis juste née par hasard
Un jour de grande pauvreté
Dans un pays en guerre
Je n'ai jamais vu le sourire de ma mère
Ni même connu mon père.

Je suis né en prison
J'ai oublié pour quelle raison
Je n'ai pas connu le sein maternel
On me l'a très vite enlevé
Et cette femme qu'on disait ma mère
N'a pas supporté, elle s'est suicidée

Je suis née dans un sous-sol
Avec les souris à même le sol
Je n'aurai pas dû exister
Ma vie est une illégalité
Je n'ai pas de maison ni de nationalité

Je suis née en Afrique
J'ai une autre couleur de peau
Je croyais que tout le monde était comme moi
J'ai souvent eu faim et soif
Mais je n'ai rien dit je n'avais pas le choix

Je suis né on ne sait pas pourquoi
Sans amour sans foi ni loi
Des coups j'en ai ramassé des centaines de fois
Et je n'ai jamais compris pourquoi
La peur au ventre j'ai tout accepté
Contre un espoir d'amour et d'amitié
Mais ce fut toujours en vain

Je suis née dans un camp de réfugiés
A Podujevo, dans un pays étranger
Derrière de hauts barbelés
Et devant de lumineux miradors
Avec toujours des hommes armés
Un jour j'ai pris le convoi de la liberté
Pour une terre d'accueil et d'amitié

Et j'ai compris que dès la naissance
Nous n'avions pas les mêmes chances....

Mira Kuraj
04/2011

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